Picasso retourne à Malaga

Pour ces retrouvailles avec leur fils prodigue, la ville de Malaga et le gouvernement andalou n’ont pas lésiné sur les moyens en lui offrant le palais de Buenavista, un édifice du 16e siècle, de styles renaissance et mudéjar, restauré pour l’occasion au coeur du quartier historique de Malaga. A l’édifice classique, qui a abrité jusqu’en 1997 le musée des Beaux Arts de Malaga, ont été adjointes de nouvelles constructions pour les expositions temporaires, ainsi qu’une bibliothèque et un auditorium sur un total de 8.300 m2. Les oeuvres exposées dans une douzaine de salles retracent toute la production artistique de Picasso: peintures, dessins, sculptures, céramiques et gravures, depuis ses premières oeuvres d’adolescent jusqu’à 1972, peu de temps avant sa mort. « C’est très émouvant de voir Picasso retrouver sa ville natale à travers la générosité de sa famille et de ses héritiers » qui ont rendu possible l’ouverture de ce musée, a déclaré aux journalistes le directeur du musée du Prado de Madrid, Miguel Zugaza, présent à Malaga. La collection présentée à Malaga par la famille Picasso offre « une vision particulière, comme peu de musées le font, même les monothématiques consacrés à Picasso, parce que c’est une vision de toute sa trajectoire artistique, de toutes ses techniques et formes d’expression », a ajouté M. Zugaza. Le nouveau musée Picasso présente également une exposition temporaire intitulée « Le Picasso des Picasso », qui compte 87 oeuvres prêtées par les musées Picasso de Barcelone, Paris et Antibes, ainsi que le centre Georges Pompidou de Paris et le musée Reina Sofia de Madrid. Ce nouveau musée consacrée à Picasso, trente ans après sa mort, représente aussi la fascination de l’Espagne contemporaine pour ce peintre de génie et militant anti-franquiste. Selon l’historien Javier Tussell, les musées espagnols ne comptaient qu’une seule oeuvre de Picasso en 1964 et il a fallu attendre la transition démocratique, et notamment 1981 avec le retour du célèbre tableau Guernica, représentant le bombardement de la ville basque par l’aviation allemande au service du général Francisco Franco, pendant la guerre d’Espagne, en avril 1937, pour que les musées ibériques enrichissent leurs collections avec des oeuvres de l’artiste le plus célèbre du 20e siècle.

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