Polémique autour de «L’annonciation» de Léonard de Vinci

L’oeuvre de l’artiste-ingénieur, une huile sur bois de 2,17 m sur 98 cm, a été décrochée hier lundi matin dans la célèbre galerie des Offices de Florence par des techniciens spécialisés, en présence d’une équipe des carabiniers chargée de la protéger jusqu’à l’aéroport de Rome-Fiumicino. Mais le directeur de la galerie des Offices, Antonio Natali, a refusé d’assister au départ du tableau pour manifester son opposition au transfert d’une œuvre qu’il juge trop fragile pour voyager en avion. C’est le ministre italien de la Culture Francesco Rutelli (centre-gauche) qui a eu le dernier mot pour autoriser le départ de l’œuvre, malgré les réticences du directeur des Offices et l’appel d’une centaine d’intellectuels opposés à ce prêt, dont le cinéaste Franco Zeffirelli. Lundi matin, alors que l’oeuvre était décrochée pour être déposée dans une caisse imperméabilisée et ignifugée, un sénateur du parti Forza Italia de Silvio Berlusconi, Paolo Amato, s’est «enchaîné» à une des colonnes de la galerie pour protester contre «l’arrogance» du ministre de la Culture de centre-gauche, Francesco Rutelli. «Si je n’avais pas obtenu toutes les garanties de sécurité, moi aussi je me serais enchaînée», a déclaré Cristina Acini, directrice des musées de Florence. Cette dernière a présidé hier lundi matin à l’emballage de la toile avec les représentants des deux sociétés japonaises qui ont financé le voyage, la chaîne de télévision NHK et le quotidien Asachi Shimbun. «L’annonciation» n’a quitté les Offices que trois fois depuis qu’elle y est exposée en 1867: pour Paris en 1935 et Milan en 1939, et pour passer la durée de la 2e guerre mondiale dans un lieu protégé de 1940 à 1945.

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