Polémique autour des livres islamiques

Polémique autour des livres islamiques

Le ministère de la Culture a-t-il réellement interdit le livre islamique au 13ème Salon international de l’édition et du livre de Casablanca ? Ce département a-t-il véritablement «laïcisé» ce salon? Interrogé sur «le bien-fondé» de ces allégations, relayées entre autres publications par le quotidien islamiste «Attajdid», le ministre de la Culture, Mohamed Achaâri, nous a précisé qu’il ne s’agissait que «d’un pur mensonge». «Les intéressés, professionnels du livre et publics compris, n’ont qu’à venir au Salon pour constater par eux-mêmes que c’est du pur mensonge», a-t-il précisé en mettant en garde contre «une polémique réfléchie et orientée et dont le but est d’instrumentaliser un événement culturel à des fins politiciennes». Cette mise au point intervient suite à une campagne orchestrée ces derniers jours contre le département de la Culture, imputant à ce dernier le fait d’avoir  interdit à plus de 50 éditeurs arabes spécialisés dans la publication du livre islamique de participer aux travaux de la 13ème édition du SIEL, prévue du 9 au 18 février 2007 à la Foire internationale de Casablanca. «Pendant cinq ans, nous avons travaillé très dur pour que notre pays soit doté d’un véritable Salon international du livre. Nous veillons toujours à ce que les normes d’organisation universellement connues et reconnues soient respectées»,  a noté le ministre, soulignant le refus de son département «d’accepter des charlatans, des faux éditeurs, des activistes qui utilisent le livre comme prétexte».
A part ceux-là, «les autres éditeurs professionnels en conformité avec le règlement du Salon sont les bienvenus», a indiqué M. Achaâri, avant de rappeler qu’il aura fallu «batailler ferme pour ramener les meilleurs éditeurs qui avaient boudé pendant des années pour la simple raison que le SIEL ne ressemblait en rien à un Salon». A en croire ce ministère, il ne s’agit en aucun cas d’interdire le livre islamique mais de barrer la route devant certains éditeurs, en provenance du Moyen-Orient, qui ont trouvé dans le Salon un espace idéal pour écouler des tonnes de paperasse moyennant des prix préférentiels. Le ministère de la Culture a d’ailleurs été, à plusieurs reprises, critiqué pour avoir fait preuve de «laxisme» face au raz-de-marée d’une certaine «pétro-littérature » qui distille, à très bas prix, des idées obscurantistes et par-dessus tout destructrices. «Nous n’acceptons pas la littérature qui appelle à la haine, à la violence et à l’exclusion. Cette littérature est, par ailleurs, interdite par la loi», a rappelé le ministre en insistant sur la nécessité pour tout le monde de se soumettre à des normes éthiques. Au-delà, il y a, bien entendu, le critère incontournable de la nouveauté qui doit présider au choix des éditeurs. «La priorité est donnée aux livres parus au cours de 2006. Viennent ensuite les livres édités pendant les cinq dernières années», nous a expliqué un responsable à la Direction du livre, à Rabat. En dépit de tout, le livre dit islamique reste fortement représenté. «Ce livre est représenté au Salon à hauteur de 40%», a-t-il ajouté. Mais voilà, ce «quota» n’est pas pour satisfaire certaines parties qui voudraient transformer le SIEL en «souk pour la promotion d’une certaine idéologie fossilisée et, plus précisément, en déphasage avec l’évolution que connaît le monde.

13ème SIEL : un nombre record de participants

Contrairement à l’année 2005 qui a drainé 559 exposants, près de 850 exposants en provenance de différents pays prendront part à la 13ème édition du Salon international de l’édition et du livre de Casablanca (SIEL), prévue du 9 au 18 février 2007. Une hausse qui nous édifie sur l’importance que revêt, d’année en année, le SIEL aux yeux des grands éditeurs internationaux. Les organisateurs s’attendent, également, à une hausse au niveau des visiteurs. A rappeler que l’édition 2005 avait attiré plus de 75.000 visiteurs ! S’agissant de l’invité d’honneur de 2006, après le Maghreb, ce sera au tour de la Wallonie-Bruxelles de monter sur le podium. De grands écrivains de cette région d’Europe feront le déplacement à Casablanca pour présenter une littérature wallonne qui a le vent en poupe. Au-delà de la Wallonie-Bruxelles, le 13ème SIEL sera dédié à « la jeune création». Une marque d’encouragement à l’intention des jeunes écrivains marocains, en quête d’une place parmi les auteurs confirmés.

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