Polémique autour d’un film amazigh

Polémique autour d’un film amazigh

Nouvelle polémique chez les cinéastes et les producteurs. Le film amazighophone « Boukssasse Boutfounast », entendez « Boukssasse, le propriétaire de la vache », défraie la chronique. Abdelillah Badr, le réalisateur du film, accuse son producteur Bouchta Ibrahimi d’escroquerie : «Ce producteur a sorti le film sans mon accord et celui de notre associé, le Libanais Ali Sultan», déclare-t-il.
Abdelilah Badr rappelle que: lui et son ami libanais ont signé un contrat avec Bouchta Ibrahimi qui se trouve être le président de la Chambre marocaine des producteurs et des distributeurs des films vidéo. Une des clauses du contrat dont ALM a obtenu copie stipule que le film ne doit pas être projeté dans les salles de cinéma sans un commun accord des autres parties. Or, M. Ibrahimi n’aurait pas respecté ses engagements : «Il a présenté le film dans les festivals et l’a transformé en DVD sans notre accord, ce qui viole les dispositions du contrat qui nous lie», précise le réalisateur.
Autre reproche de Abdelilah Badr à Bouchta Ibrahimi : le fait d’avoir empoché les recettes sans verser leurs quotes-parts aux autres parties. Dans le contrat signé entre les trois concernés, il est bien précisé que 25% des rentrées reviennent au réalisateur, 25% à Ali Sultan et enfin 50% à Bouchta Ibrahimi. «C’est ce que nous avons conclu au départ, vu que ce producteur s’était chargé de la diffusion et de la commercialisation du film au Maroc», ajoute le réalisateur. Il est précisé dans le contrat que les bénéfices devaient être versés à chacun des concernés, tout juste après la sortie du film dans les salles. «Je n’ai pas touché un dirham depuis la présentation du film en avant-première en mai dernier à Casablanca»,  précise Abdelillah Badr.
Ce n’est pas tout. Le film aurait été présenté au Festival du film à Rabat et au Festival de Casablanca en juillet dernier sans l’autorisation du réalisateur.
«Normalement, je devais être invité à ces événements, c’est la moindre des choses, puisque c’est moi le réalisateur du film, mais Bouchta l’a fait programmer à mon insu».
Sans se laisser démonter, ce dernier indique que les accusations portées à son encontre ne sont pas fondées.
«Je n’ai volé personne, les bordereaux de paiement existent et si le réalisateur souhaite encaisser son chèque, je n’y vois aucun inconvénient», s’est-il défendu. Selon lui, ce film aurait rapporté à ce jour 40.000 dirhams, ce qui n’est pas suffisant, selon lui, pour justifier une telle levée de boucliers.
Il a également précisé qu’à la sortie du film, les recettes  avoisinaient 20.000 dirhams, en poursuivant : «Lorsque j’ai appelé le réalisateur pour qu’il vienne récupérer son argent, il a refusé en disant que le montant était dérisoire».
«Je n’ai pas cru une seule minute à ces balivernes. 20.000 DH est une somme ridicule et c’est pour cela que je ne l’ai pas acceptée», proteste Abdelilah Badr.
Pour mieux enfoncer le clou, Bouchta Ibrahimi assure qu’il n’a rien à se reprocher et qu’il est prêt à céder  sa part de producteur et de principal bénéficiaire des recettes au réalisateur.
Reste l’accusation d’avoir présenté le film dans les festivals sans l’autorisation du réalisateur ? Ibrahimi s’en défend : «Le film était présenté uniquement dans la section panorama, il n’était pas en compétition et les organisateurs ne l’ont pas invité».
Lors de sa participation aux deux festivals, deux chèques de 5000 et 3000 DH lui  auraient été remis. De ces revenus, les autres parties n’en ont pas eu leur part. Abdelillah Badr compte donc porter l’affaire en justice.

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