Portes monumentales : La trace d’une civilisation séculaire

Portes monumentales : La trace d’une civilisation séculaire

Témoignant d’un passé glorieux et représentant la trace d’une civilisation séculaire, les portes monumentales se dressent majestueusement et incarnent une longue histoire. Celles-ci portent généralement un nom lié à un événement, à une personnalité ou à une situation géographique. Au nombre de 41, les portes monumentales se répartissent sur les villes impériales du Royaume, à savoir Meknès, Fès, Marrakech, Rabat et Salé. Mais aussi à Essaouira et Oujda. La capitale spirituelle du Royaume compte à elle seule 15 portes monumentales.
Dans la ville de Meknès, Bab Berdaïne et Bab El-Khemis font partie des portes les plus célèbres au Maroc. La première a été construite au 17ème siècle sur ordre du Sultan Moulay Ismaïl. La porte des bâts est un exemple de construction inspirée de la tradition architecturale militaire des Saadiens. La seconde constituait l’entrée principale de la ville des jardins et de l’ancien Mellah. Elle fut bâtie au 17ème siècle, sur un terrain offert par le Sultan Moulay Ismail à un médecin juif qui avait guéri l’une de ses princesses. 
Dans la ville d’Oujda, Bab Sidi Abdelouahab tire son nom du Saint, dont le mausolée est à peine visible dans sa tunique blanche face à la place des bouchers de la ville. Loin de l’Oriental, en direction du sud du Maroc, la ville d’Essaouira abrite la porte de la Marine, Bab Doukkala et Bab Marrakech. La porte de la Marine a été construite en 1769, sous le règne de Sidi Mohamed Ben Abdallah. À l’extrémité de l’avenue Zarktouni se trouve la porte nord de la ville Bab Doukkala. Monument de grande importance constitué d’une porte principale associée à deux autres secondaires. Cette porte date de la fondation de la ville par le Sultan Sidi Mohammed Ben Abdallah au 18ème siècle.
En sortant de Bab Doukkala et en longeant la muraille vers le sud, on arrive à Bab Marrakech où l’on trouve l’ensemble artisanal qui réunit les différentes représentations de l’artisanat local.
Dans la ville ocre, Marrakech, Bab Doukkala ouvre au nord-ouest, sur la route du pays Doukkala, du nom de la population aujourd’hui établie dans la plaine située dans l’arrière-pays d’El Jadida. Bab El Khemis était appelée anciennement porte de Fès. La légende locale raconte que les vantaux dont la porte est dotée auraient été rapportés d’Andalousie. Bab Eddebbagh est formée de cinq coudes pour défendre l’entrée de la médina. Bab Aylen est une porte qui fut édifiée, par les Almoravides, sous le règne d’Ali Ben Youssef, pour empêcher les Almohades d’entrer dans la ville. Bab Aghmat prit le nom d’une bourgade, autrefois capitale régionale de la vallée de Lourika.
Dans l’ouest du Maroc, la capitale Rabat compte différents remparts avec plusieurs portes. Dans le rempart ouest de la ville, quatre portes sont construites à intervalles assez réguliers. Il s’agit de Bab El Alou, Bab El Had, Bab Errouah…La quatrième porte est incluse dans l’actuel Palais royal. Le rempart sud n’en comportait qu’une seule, Bab Zaër. Comme la plupart des murailles édifiées par les Almohades, cette enceinte a admirablement résisté. Régulièrement flanquée de tours carrées, sa courtine est couronnée d’un chemin de ronde, bordé à l’extérieur d’un parapet aux merlons coiffés de pyramidions.
Rectiligne et flanquée de tours barlongues, la muraille andalouse qui s’étendait sur plus de 1.400 mètres, était haute en moyenne de 5 mètres et large de plus d’un mètre. Elle était percée de trois portes : Bab Etthen (située avant sa destruction près du marché municipal), Bab El Bouiba et Bab Chellah.
Au même titre que Rabat, la ville de Salé compte différents remparts avec plusieurs portes.  La porte du 12ème siècle, Bab Sebta, a été surélevée vers le début du 19ème siècle. Elle est située à l’enceinte nord de la ville. Bab Chaafa est pittoresque et Bab Maâlka, au sud-ouest, s’ouvre sur le cimetière et la plage. Bab Bouhaja était une grande porte surmontée d’un donjon. Elle fut détruite à la fin des années 60.  Bab Dar Sinaâ, appelée actuellement Bab Al Farane, ancienne porte d’un bassin de radoub, permettait à l’eau de rentrer dans l’arsenal agrandi par les Mérinides. Enfin, Bab Al Mrissa, porte maritime du 14 ème siècle, fut bâtie par un ingénieur andalou venu de Séville, dénommé Mohamed Ben Ali. 
Les portes de Fès sont nombreuses. Deux portes principales ouvrent la cité au nord, Bâb Guissa et Bâb Mahrouq. Quatre au sud : Bâb Fetouh, qui signifie littéralement «la porte de l’Ouverture» et historiquement «la porte de la Victoire». Elle est l’entrée principale permettant l’accès à la rive des Andalous. Elle fut modifiée au 18ème siècle sous le règne du souverain alaouite Sidi Mohammed Ben Abdellah. Sont situées au sud-est de la ville, Bâb Al Hamra, Bâb Al Jdîd et Bâb Al Hdîd. Deux à l’Est: Bâb Sidi Boujida et Bâb Al-Khoukha, et une à l’Ouest : Bâb Boujloud. De style hispano-mauresque, elle s’ouvre par trois baies outrepassées, formant une symétrie parfaite.
Les portes de Fès Jdîd sont au nombre de six. Bâb Dekakene, Bâb Sagma, Bâb Riafa, Bâb Al Jiaf, Bâb Boujat et Bâb Semmârîne. Cette dernière est une haute porte à voûtes multiples, reconstruite en 1924, qui constitue la véritable entrée.  Les portes monumentales avaient souvent une valeur ornementale autant qu’utilitaire. Elles furent construites en pisé, en moellon, en briques, ou encore avec l’un et l’autre de ces matériaux. Elles avaient pour fonction de barrer le chemin à l’entrée de la cité.

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