Portrait : Bensalah : «Mes bombes sont l’humour»

Portrait : Bensalah : «Mes bombes sont l’humour»

ALM : Autour de quoi tourne l’histoire de votre film «Il était une fois dans l’oued» ?
Djamel Bensalah : Ce film parle d’un jeune Français, Johnny qui habite en banlieue parisienne. À force de fréquenter les Maghrébins, il finira par être persuadé d’être l’un d’eux. Durant l’été 1988, alors que tous ses amis rentraient au pays, lui aussi décide de rentrer à son pays qu’il croit son origine, l’Algérie. Pour ce faire, il va se faufiler dans les bagages d’une famille algérienne.
Ainsi, le film raconte l’histoire d’un voyage émouvant d’une famille de retour au bled, avec, dans ses bagages, le premier passager clandestin de l’Algérie.

Dans ce film, vous avez décidé de vous attaquer au sujet de l’immigration. Pourquoi avez-vous choisi ce thème ?
Depuis le 11 septembre 2001, le regard de l’Occident envers les Maghrébins a changé. Ils nous regardent d’un œil très méfiant comme si nous étions une menace. Avec ce film, je voulais expliquer aux Français et aux Européens en général que les Maghrébins ne font pas peur. Je voulais expliquer qu’on est des gens simples et qu’on a un humour généreux. En effet, on a oublié que nous sommes des gens normaux, que nous avons nous aussi nos petits problèmes. Et qu’on n’est pas tous des héros ou des martyrs. Chaque fois qu’on nous croise dans le métro, les gens ont peur que nous portions des bombes dans nos sacs. Mes bombes sont l’humour.   

Où avez-vous tourné le film et combien de temps vous a-t-il fallu pour achever le tournage ?
Nous avons tourné pendant trois mois. Un mois et demi en Algérie et un mois et demi au Maroc. En Algérie, nous avons tourné une partie à Oran et une autre à Alger. Au Maroc, nous avons tourné à Ouarzazate et à Casablanca. C’était pendant le mois de Ramadan que nous avons commencé le tournage au Maroc. Je l’avoue, c’était un peu difficile durant le mois de jeûne. Mais c’était formidable.
Ça s’est bien passé. Il n’y avait pas de fausse note. Tout s’est passé comme prévu.
Tourner au Maroc un film qui concerne l’Algérie était pour moi un besoin politique important. Surtout que je suis moitié marocain et moitié algérien. 

Nous avons l’habitude de voir les films maghrébins sortir en France d’abord puis au Maghreb. Ce n’est pas le cas de votre film. Pourquoi ?
Oui, effectivement la plupart des films maghrébins sortent d’abord en France puis au Maghreb. «Il était une fois dans l’oued» est sorti dans un premier temps en Algérie puis au Maroc.
Et il va par la suite être projeté en Tunisie. J’ai voulu que ce film sorte au Maghreb d’abord puis en France.
Pour dire que pour une fois le centre du monde n’est pas la France, mais le Maghreb.

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