Portrait : Chrif tribek était à bonne école

Portrait : Chrif tribek était à bonne école

«Dans ce court-métrage, j’ai essayé de traiter un sujet de manière libre sans la contrainte du récit et du dialogue». C’est en ces termes que le réalisateur Chrif Tribek parle de son court-métrage tout récent «L’extraterrestre». Ce film a été projeté samedi soir au Festival national du film (FNF) à Tanger. Il dévoile la conception expérimentale du jeune Chrif Tribek.
En fait, ce réalisateur considère les courts-métrages comme un moyen de libération des contraintes qui handicapent la création et l’expérimentation des techniques cinématographiques. «Dans un court-métrage, on peut faire dans l’extravagance, tout est permis ». Pour Tribek, le court-métrage est un exercice de défoulement pour le réalisateur. C’est un style cinématographique qui ne nécessite pas de grands moyens financiers et humains. «Dans un court-métrage, le cinéaste n’est pas muselé par le budget, la seule contrainte c’est le temps», souligne Chrif Tribek. Ce natif de Larache a appris les b. a .-ba du métier dans les ciné-clubs de sa ville natale. «Je n’ai pas fait d’études de cinéma, j’ai été initié au septième art dans les ciné-clubs de Larache». C’est vers la fin des années 70 que Tribek découvre cette passion nommée cinéma en animant les ciné-clubs.
A l’époque, cette structure culturelle était installée dans plusieurs villes du Royaume. Des films de différents pays étaient projetés et suivis de débat avec des réalisateurs d’horizons divers. «Nous avions droit à plusieurs films de l’Europe de l’Est vu la tendance gauchiste très répandue à l’époque», déclare ce réalisateur. Des films européens, iraniens, américains, Chrif Tribek a regardé un nombre considérable de chefs-d’œuvre ciné-matographiques.
Aujourd’hui, il évoque avec un brin de nostalgie les glorieuses années des ciné-clubs. Une période florissante aujourd’hui  révolue. «Les cinéclubs n’existent presque plus au Maroc, ils ont fermé les uns après les autres, leur gestion devenait de plus en plus difficile», explique Chrif Tribek. Cette phase d’apprentissage libre et spontannée a fait naître en ce réalisateur l’envie de passer du simple spectateur à celui d’acteur influent. C’est ainsi qu’en 1997, cet enfant des ciné-clubs conçoit son premier bébé, un court intitulé : «Nassima ». Cette première œuvre a été présentée il y a quelques années de cela au Festival national du film (Casablanca). Chrif Tribek n’avait pas la possibilité de faire des études de cinéma à l’étranger, mais il a pu bénéficier d’un stage à une école de formation aux métiers du cinéma (FEMIS). «Pendant deux mois, j’ai appris les rudiments du métier techniquement parlant».
La fin de son stage aboutit à la présentation d’un court-métrage intitulé «Passage». Mais la révélation, Chrif Tribek la doit à «Balcon Atlantico» (2002),  un film co-réalisé avec Hicham Falah. «Ce film nous a propulsé au devant de la scène internationale», indique Tribek. L’artiste compte aujourd’hui à son actif un total de six courts-métrages et quatre téléfilms. Il possède plusieurs cordes à son arc. «J’essaie de diversifier mes centres d’intérêt pour plus de richesse». Chrif Tribek a réalisé également des documentaires et révèle qu’il a failli même tenter une expérience dans la réalisation des clips.
Ainsi se présente Chirf Tribek, en éternelle quête d’expériences et de nouveautés. Une démarche qui est loin de lui déplaire vu qu’il voit un intérêt dans toute réalisation. «Même si j’ai une commande, j’essaie de trouver des éléments qui me plaisent  et dans lesquels je me retrouve», déclare in fine ce jeune cinéaste en joué dont le prochain court-métrage se prépare aujourd’hui avec son coéquipier Hicham Falah.

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