Portrait : Le théâtre, l’autre passion de Derham

Portrait : Le théâtre, l’autre passion de Derham

On parle du don de Derham pour la musique, de son talent de compositeur, de l’originalité et de la puissance de sa voix. Ceux qui l’ont côtoyé, accompagné, ou simplement connu, auront évidemment pu mesurer ce don, conjugué à une expérience musicale qui a fait que cet artiste reste l’un des compositeurs et paroliers les plus inspirés.
En témoigne son passé d’ex-pilier de Jil-Jilala, qui a fait avec Nass El Ghiwan et Lemchaheb la légende de la chanson populaire marocaine engagée. Cela, tout le monde le sait. Mais ce que l’on ne sait pas, -ou très peu-, c’est que Derham est également et surtout un grand passionné de théâtre.
Considéré comme le «père des arts», le théâtre cristallise en effet toutes sortes d’expressions artistiques : arts plastiques, danse, musique, etc. Derham nous dit d’ailleurs «être venu à la musique via le théâtre». Mais d’où a-t-il tenu cette passion ? Né en 1949, dans le quartier « Mawkef» (Bab El Khmis, Marrakech), l’enfant cultive sa graine de comédien au sein de deux associations connues : « La Chabiba Al Hamra » et « Le Club Comédia ». « C’est là que j’ai pu connaître, et côtoyer, des personnes avec qui j’ai fondé en 1972 le groupe de Jil Jilala », se souvient-il. Par ces personnes, Derham entend, entre autres, Moulay Abdelaziz Tahiri et El Asbahani.
Ensemble, ils participeront à la création de plusieurs pièces de théâtre. Avec « La Chabiba Al Hamra », ils montent la pièce «Tkaâkiâ » ; avec « Le Club Comédia », « Ennakssa » et « Grenouilles noires ». Comédien, Derham a également écrit et composé les paroles de leurs chansons. Passé ce moment, Derham changera de cap. A la fin des années soixante, l’artiste décide de vivre à cheval entre Fès et Casablanca.
Après avoir terminé des études dans une école de formation à la tannerie et au métier à tisser, il choisit de s’installer définitivement à Casablanca. Là-bas, il rencontre le grand comédien Mohamed Afifi. Cette rencontre donnera naissance à un projet artistique : création de la troupe du théâtre municipal d’El-Jadida. Ce projet a si bien marché qu’il a pu faire adhérer une pléiade d’artistes de talent : Le regretté Moulay Ahmed Ben Mchich, Chahraman, Mohamed Barazi… Après avoir fourbi ses armes au théâtre, Derham envisage une nouvelle expérience.
En 1972, il participe à la fondation d’un groupe qui  fera date dans le registre de la chanson populaire marocaine engagée : Jil Jilala. Avec le regretté Mahmoud Saâdi, Hamid Zoughi, Abderrahmane Paco, Sakina et Moulay Tahar Asbahani, Derham écrira un florilège de quelques belles pages de l’histoire de la musique marocaine: «Lajouad», «Lighara », «Leklam lemrassaâ », «Chamaâ », «Loutfiya », « Ezzine ousoulak », sans oublier la très patriotique «Laâyoune Aïniya » (Laâyoune, mes yeux).
Après avoir gravé son nom en lettres de feu dans les annales de ce groupe, Derham décide de le quitter en 1995 pour des raisons «professionnelles ». Mais cette «scission » n’a pas empêché l’artiste de poursuivre son odyssée… Derham fera un tabac avec un album enregistré en solo. Si Derham n’a pas donné de titre à cet album, ses chansons restent très parlantes : « Oum lakram », «Ila daq Al-Hal », « Ana B’nadem», « Dana Dan », « Lemtalli », «Ah ya ha dak »… Avec cet album, Derham a montré que, en dépit de la séparation de Jil Jilala, il est encore capable d’étonner.

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