Pourquoi je n’aime pas la Star Academy

Pourquoi je n’aime pas la Star Academy

Voilà, je l’ai dit. Je n’aime pas la Star’Ac. Et je le revendique, au risque de me faire estropier par tous ces pré et post-adolescents dont l’âge mental semble converger vers la même tétanie neuronale. Eh oui, même si une de nos concitoyennes fait partie de la mise en scène grotesque, je le répète : Eteignez vos postes télé, ou si le bouton Off est hors service, changez de chaîne. Grâce à toutes ces paraboles, grandes gueules ouvertes au-dessus de nos immeubles, dans une quête vers l’inaccessible Graal de la “modernité”, et surtout grâce à la puissance de ces petits boîtiers, dénommés “télécommandes” sachez que vous pouvez passer d’une chaîne à l’autre et grâce à une faculté dont mère Nature nous a tous pourvus, à savoir le Libre-Arbitre, vous pouvez “choisir“ ce que vous regardez. La semaine dernière, j’ai reçu mon ami Martien, Wonderman Wondering, de son petit nom. C’était son premier voyage chez nous. Il a choisi le Maroc pour deux raisons : d’abord il me connaît et ensuite, je lui ai envoyé toutes les brochures du Syndicat d’Initiative après avoir passé de longs mois à les lui traduire. Il a fini par tomber amoureux de ce qu’il a émis le souhait d’ériger comme seconde patrie. 7 jours et 7 nuits plus tard, je me suis hasardé à lui demander de me faire part de ses impressions. Quelle ne fut pas ma surprise lorsqu’il me parla de Sophia, de Patxi, de Nikos et des autres! Je lui avais parlé de Fès et de sa civilisation multiséculaire, de Merzouga et de ses couchers de soleil légendaires, je l’avais emmené aux Oudayas, à la Grotte d’Hercule, sur la tombe de Jean Genet et celle de Moulay Driss, fait goûter la cuisine de ma mère, et les gâteaux de Lalla Batoul, lui avais montré la peinture de Gharbaoui, Cherkaoui, Miloud Labied et Bellamine, lui avais offert une copie du coffret introuvable de l’anthologie de la musique andalouse et même une version originale du dernier disque consacré à la musique Gnawie et qu’on ne trouve pas au Maroc, et lui me parle de la Star’Ac. Mais je rêêêêve comme dirait l’autre ! J’avale donc mon tarbouche et au nom des règles d’hospitalité bien de chez nous, je m’étrangle en silence, reprends mon souffle et lui demande d’élaborer. Moi qui croyais avoir atteint le fond de la jarre, je sentis le sous-sol se dérober une fois encore sous mes babouches fleurant bon le cuir. Figurez vous que WMW comme nous l’appelons dans la famille a vite pris le pli marocain. Le matin, WMW avait pris l’habitude de se rendre au café. Quel café ? Celui qu’il y a à droite en sortant de l’immeuble, ou celui qu’il y a à gauche, ou bien encore celui qui fait face à l’entrée de l’immeuble. Parfois dans un élan de courage immense, il lui arrivait de rallonger sa course de dix mètres pour rejoindre le café du bout de la rue, coincé entre une téléboutique et un vendeur de chawarma, lui-même enchâssé entre deux cafés. Ce n’est pas tout. L’après-midi, après le déjeuner, une pause s’imposait à nouveau. Et la soirée ne pouvait pas commencer sans une halte au comptoir de l’un de ces estaminets. Et c’est comme cela qu’en 7 jours et 7 nuits, mon ami Martien a perdu tout appétit de culture, toute soif de connaissance, toute curiosité de découverte. J’imaginais déjà la scène du retour. WMW qui tombe dans les bras de sa mère, Madame Wondering, une femme charmante d’après ce que son fils m’en a dit, sans oublier la presse locale venue saluer ce premier échange intergalactique. Vous vous imaginez la scène ? WMW devant un parterre de journalistes et lui qui parle benoîtement de la Star’Ac et des centaines de cafés qui assiègent mon petit quartier ? Wili 3la hchouma ! En tous les cas, ce n’est pas ça qui va nous aider pour 2010. Alors de grâce, osez balayer l’espace parabolique avec votre télécommande magique et quand vous rencontrez quelqu’un, variez vos sujets de conversations mais ne faites pas croire à mes amis, autour d’un café, que l’événement de l’année est la nomination du vainqueur de la Star’Ac.

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