Préface : Brûleurs, unissez-vous !

Préface : Brûleurs, unissez-vous !

En ce moment, il y a un type que tous les harragas du Maroc veulent buter. Et si on se place dans leur logique, ils n’ont pas tout à fait tort. Imaginez que ce cinglé, auteur d’un «mariage blanc», s’est dénoncé lui-même aux policiers quelques jours après l’union, évoquant des "regrets". Le type, qui risque tout de même cinq ans de prison et quelque 15.000 euros d’amende, a entraîné dans sa chute cinq autres personnes.
Le faux mari a dénoncé l’affaire aux policiers quelques jours après le mariage, célébré le 3 février à la mairie de Cholet, expliquant qu’il n’avait pas compris "la combine" avant d’accepter cette union, et qu’il regrettait son geste. Tu parles ! Après avoir fait racler les tiroirs à une famille malgache dont la fille voulait «faire les papiers », le Français, qui habitait Madagascar, a décidé, subitement de jouer les enfants de chœur. Il avait été contacté par la famille de la femme malgache, aiguillée par son propre frère, qui réside en France. L’homme s’était vu proposer un billet d’avion pour la France, en échange du mariage. Les faux époux, qui ont reconnu un "défaut de consentement", comparaîtront le 10 juin devant le Tribunal correctionnel. Trois autres personnes seront jugées à leurs côtés: les deux témoins du mariage et une femme qui avait fourni une attestation de domicile à la jeune Malgache. Résultat : tout le monde est dans la mouise. Pendant ce temps, nos «brûleurs», qui ne jouissent pas des mêmes «garanties» de confort pour essayer de se greffer au Vieux Continent, crient à la concurrence déloyale.
Certains affirment même que leur mouvement a été infiltré par les services de sécurité français afin de mieux le démonter de l’intérieur. D’autres avancent que les flics français lui ont donné  un billet d’avion retour pour Madagascar. Histoire de faire tomber d’autres poires dans cet îlot paradisiaque. Le faux mari n’en serait donc pas à son coup d’essai. Les plus magnanimes affirment, cependant, que le pauvre bougre, qui avait le mal du pays, n’avait pas de quoi se payer le ticket du voyage pour revoir sa vieille maman. Toujours est-il que cette histoire a laissé de profondes séquelles chez les rêveurs de l’eldorado au Maroc, qui, pour certains, ont parlé de mouvement à grande échelle tendant à entraver leurs desseins.
Pour cela, il est question de la constitution prochaine du Syndicat national des brûleurs sur pateras (SNBP), du Syndicat autonome des voyageurs sous les camions (SAVC) et du Collectif du droit à la traversée (CDT- à ne pas confondre…). Ces syndicats pourraient, bien sûr, se réunir sous la bannière d’une Fédération des voyageurs en aller simple (FVAS), dont les statuts pourraient être déposés à Tarifa, ça pourrait profiter aux membres, qui, pour aller aux réunions, seraient exemptés de visa. Quoi, qu’est-ce que vous dites ? Ils en profiteraient pour se tailler et disparaître dans la nature ? Vous devez les confondre avec nos sportifs qui prennent la clé des champs à chaque meeting sportif international. 

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