Profession, animatrice-actrice

La rencontre a eu lieu dans un café. Un grand sourire imprimé sur son visage et habillée tout en marron, y compris les espadrilles, l’animatrice de l’émission «Soura» répond aux questions avec application et une douceur étudiée . Elle est née le 14 février 1976 à Meknès. «Je pense qu’il faut que vous précisiez dans votre article que le jour de ma naissance coïncide avec la Saint-Valentin -la fête de l’amour», suggère-t-elle.
De son enfance, elle garde le souvenir de sa passion pour le théâtre. Cette passion l’a naturellement entraînée à suivre une formation à l’ISADAC. Sanae Zaïm est bien connue du public avant de commencer à faire de la télé en octobre 2000. Elle a tenu des rôles dans le cinéma. Elle a tourné dans «Jugement d’une femme», le film de Hassan Benjelloun. «Je n’ai jamais renoncé au cinéma. En moi, l’animatrice et la comédienne coexistent, mais il est vrai que l’animatrice a pris le dessus», répond Sanae Zaïm lorsqu’on l’interroge sur le tournant qu’elle a donné à sa carrière. Elle cite ensuite la dure réalité de la condition du comédien dans notre pays et précise qu’elle ne pouvait pas vivre décemment de son métier d’actrice et que ses attentes étaient bien plus grandes. Une demi-heure plus tard, elle revient à la charge pour dire qu’elle mène de pair son activité d’animatrice et d’actrice. Elle vient de tourner pour un long-métrage réalisé par Hakim Belabbas.
À quoi ressemble ce film : «Si j’ai accepté d’y tenir un rôle, c’est qu’il est forcément bon !», répond-elle. Le joint qui relie l’émission qu’elle anime et son métier d’actrice va encore s’étayer avec un autre projet cinématographique dans lequel l’intéressée se prépare à jouer. C’est dire qu’elle connaît le sujet de «Soura», et que les coulisses des tournages ont peu de secrets pour elle. L’émission qu’elle anime, chaque mardi, est à cet égard d’une très grande utilité. Dans le passé, «Soura» traitait de l’actualité théâtrale, cinématographique et de la photographie. Depuis le mois de janvier, cette émission de 26 mn est dédiée exclusivement au cinéma. Elle a pour mission d’inviter le public à se déplacer pour regarder des films dans les salles. Elle propose également des reportages et des portraits.
Sanae Zaïm ne cache pas son point de vue sur les sujets qu’elle traite dans «Soura». Elle dit avec une amertume très mesurée : «La foi et la passion existent toujours, mais j’ai aussi découvert le revers de la médaille. Parmi les personnes qui font ce métier, certaines sont moins artistes qu’on ne le croit». Elle déplore aussi que le cinéma national soit dépendant du Fonds d’aide. Bien plus, elle dit que nombre des films qui obtiennent cette aide ne la méritent pas. Lorsqu’on l’interroge sur son goût en matière de cinéma, elle cite sans hésitation les cinéastes de la nouvelle vague.
Lorsqu’on lui demande qui d’entre eux en particulier, elle répond par un seul nom: Godard ! Puis, elle ajoute Bernardo Bertolucci, avant de préciser : «Je suis très sensible aux films qui se basent sur la littérature». En ce qui concerne le cinéma national, Sanae Zaïm prend beaucoup plus de précautions avant de répondre. Elle nomme en premier lieu Jilali Ferhati et réfléchit longuement avant de citer Abderrahmane Tazi pour la raison que son film «“A la recherche du mari de ma femme” a réconcilié le public marocain avec le 7ème art». Le fait qu’elle est à la fois animatrice et actrice dote doublement «Soura» de cinéma.
Avec ses gestes coquets, les paillettes et un fond étoilé lorsqu’elle prend congé des téléspectateurs, Sanae Zaïm aime se la jouer star. «Les étoiles, ce n’est pas moi! C’est une idée du réalisateur ! Et très sincèrement, je ne me la joue pas du tout. Je suis même gênée lorsque des gens m’abordent dans la rue». Dans cette rue, l’animatrice-actrice ne devrait pas souvent se promener seule. Après une heure d’entretien dans le café, un jeune homme est venue la chercher. «Mon mari !», dit-elle.

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