Quand le cinéma véhicule la paix !

Ce n’est pas un festival de cinéma, mais un festival qui défend un certain cinéma. Un cinéma aseptisé conformément au thème du festival : «Paix, harmonie, non-violence, non-discrimination». Le Premier ministre de la Fédération de Malaisie, Mahathir Mohamad, a beaucoup insisté, lors de la cérémonie d’ouverture, sur le rôle des films dans l’accroissement de la violence et l’inclination à la guerre. «Des enfants tuent leurs parents, nous entendons tous les jours parler de meurtres dans nos villes », dit-il.
A ses yeux, cette violence est en partie liée aux films qui influencent nos comportements dans la vie réelle. Le Premier ministre a précisé à cette occasion que son pays est contre la guerre et s’oppose à celle que les Etats-Unis projettent de mener contre l’Irak. Il a assigné comme mission à ce festival d’encourager une plus grande production de films pour la paix. D’autre part, l’organisation de ce festival a été décidée à la hâte, il y a à peine un mois.
Le 13ème Sommet du mouvement des pays non-alignés, présidé par le Maroc et qui se déroule du 20 au 25 février à Kuala Lumpur, est pour beaucoup dans la décision d’organiser ce festival, selon Herman Mizar, l’un des responsables de la manifestation. «C est en quelque sorte le préambule qui clarifie notre position vis-à-vis de la violence et montre les valeurs que nous défendons», souligne-t-il. Il ajoute que l’image des pays musulmans a beaucoup souffert des amalgames entre islam et terrorisme. «Nous invitons les gens du monde entier pour qu’ils constatent que la Malaisie est un pays très tolérant où il n’y a pas trace de discrimination», dit-il. Les pays invités sont au nombre de 37. Ils viennent des cinq continents. Le Maroc est représenté par «Soif» de Saâd Chraibi, un film qui a déjà été primé dans d’autres festivals. Il n’est pas le seul. A l’instar du film britannique «Bend it like like Beckham» qui a déjà remporté le Prix du public au dernier Festival international du film de Marrakech. La plupart des films programmés ne sont pas à cet égard récents. «La vocation de ce festival n’est pas la compétition, mais l’encouragement de la production de films qui prônent la paix», souligne Herman Mizar. Et si le spectacle faisait défaut dans certains films, la cérémonie d’ouverture y a très largement remédié.
Digne des plus grandes manifestations sportives, elle a eu lieu dans une immense place où a été dressée une grande scène. Des chanteurs et des troupes de danseurs, portant des vêtements et des accessoires aux couleurs vives, s’y sont succédé. Ils ont bien fait leur cinéma dans un show rehaussé par mille feux d’artifice.

• DNES à kuala Lumpur Aziz Daki

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