Quand les femmes se lancent à l’assaut des urnes

Quand les femmes se lancent à l’assaut des urnes

La participation de la femme dans la vie politique revient sur le devant de la scène à l’approche des élections communales de 2009. Le Premier ministre Abbas El Fassi a, en effet, reçu le 6 octobre à Rabat une délégation représentant le Mouvement pour le tiers des sièges élus aux femmes (MTSF), sollicitant une meilleure représentativité politique des femmes dans les instances élues locales. Dans ce sens Nouzha Skalli, ministre du Développement social, de la Famille et de la Solidarité, a appelé à conjuguer les efforts et à engager une réflexion sur des solutions pratiques à même de résoudre la problématique de l’insuffisance de la représentation des femmes au sein des conseils communaux et des chambres professionnelles, l’objectif ultime étant de garantir une meilleure représentation des femmes dans la perspective des élections communales de 2009. Mme Skalli parle d’un taux de représentation des femmes qui ne dépasse pas les 0,56 % au sein des conseils communaux au niveau national, alors que ce pourcentage est de l’ordre de 20 % au niveau mondial.
Autre chiffre alarmant. Même si, pour la première fois, un gouvernement compte sept femmes parmi ses membres, des chiffres présentés par les observateurs et les analystes politiques qui parlent de recul de la représentation politique des femmes. En effet, la précédente Chambre des représentants comportait 35 députées, elle n’en comprend aujourd’hui plus que 34, sur un ensemble de 325 députés. En termes de pourcentage de représentation féminine, on est passé de 10,77% dans la précédente législature, à 10,46% à l’actuelle.
L’accès en 2002 de 35 femmes à la première Chambre a suscité des réactions positives que ce soit au niveau national qu’international. Puisqu’on a passé de 2 députées, avec un taux de 0,66% avant 2002, à 35 députées et un taux qui frôle les 10,8%. Cette avancée a permis au Maroc de se positionner comme 72ème rang dans le monde et en deuxième position parmi les pays arabes juste après la Tunisie qui trônait alors en tête des pays arabes avec 11,5% de femmes dans son Parlement. En 2007, la situation a changé et les chiffres parlent d’eux-mêmes. Avec 34 députées sur 325, le Maroc n’ayant plus que 10,46% de femmes au Parlement, recule à la 94ème place dans le monde et n’occupe plus que le 7ème rang parmi les pays arabes après l’Irak (25,5%), la Tunisie (22,5%), les Emirats Arabes Unis (22,5%) le Soudan (18,1%), la Mauritanie (17,9%) et la Syrie (12%), selon des statistiques disponibles dans le site de l’Union interparlementaire. Ces chiffres démontrent bel et bien que de nombreux pays adoptent des mesures valorisant la représentation politique des femmes.
À ce titre, plusieurs observateurs parlent du quota comme solution pouvant encourager la femme à intégrer la vie politique. Mais là encore, il y a divergence. Si le MTSF parle du tiers, d’autres parlent d’un quota modéré.
Contacté par ALM Mustapha Ramid, chef du groupe parlementaire du Parti de la justice et du développement, avait indiqué que «Le PJD opte d’abord pour l’encouragement et ensuite pour un quota modéré pour que la participation des femmes ne soit pas uniquement à titre symbolique ou qu’elle se limite à des noms qui figurent sur des listes». Pour sa part, Driss Sentissi, chef du groupe parlementaire MP, affirme, pour sa part, qu’ «élever le taux des femmes élues sera sans aucun doute un saut qualitatif. En plus, il n’y a pas de raison de s’abstenir sur ce sujet». Sachant que les femmes constituent 50% de notre société, ont-elles besoin d’un quota pour prendre part à la gestion de la vie publique ? Si on parle de quota, cela ne signifie pas une discrimination ? Ce quota ne va-t-il pas impliquer des femmes à la vie politique sans une véritable connaissance à ce sujet ? Plusieurs analystes affirment que la femme ne doit pas dépendre de ce système, mais plutôt prendre son destin en main.

Articles similaires

Laissez un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *