Quand Taoufiq Izeddiou interroge le besoin de la spiritualité

Quand Taoufiq Izeddiou interroge le besoin de la spiritualité

«L’être humain a besoin de spirituel, mais pas nécessairement de religion. La religion constitue une réponse rapide à nos peurs tandis que la spiritualité se construit sur le long terme».

Le chorégraphe et danseur marocain, Taoufiq Izeddiou, annonce son grand retour avec une tournée en Europe et au Maroc. Du 13 octobre au 14 décembre, il se produira durant l’automne dans plusieurs pays européens, à savoir l’Autriche, l’Allemagne, l’Espagne et la France. Taoufiq Izeddiou compte présenter à cette occasion sa nouvelle création «En alerte». Il s’agit d’une pièce chorégraphique inspirée par la gestuelle et la musique transcendantales. Accompagné de deux musiciens, Mathieu Gaborit Aka Ayato à la guitare électrique et Malem Stitou au guembri, «En Alerte» est un solo de danse basé sur l’attraction naturelle au divin. «C’est une création qui permet tout aussi bien l’épanouissement de l’âme que l’explosion de l’être». Fasciné par cette dualité dans la spiritualité, Taoufiq interroge cette force extraordinaire qui permet à certains d’atteindre une sagesse séculaire et à d’autres de plonger dans la violence aveugle au nom d’un idéal insaisissable.

Danse et expérience spirituelle

Son premier contact avec la danse fut également son premier vrai contact à la spiritualité. A l’âge de 5 ans, il assiste à une cérémonie de «Hmadcha» organisée par sa tante, où la musique, la gestuelle et la respiration conduisent à une transe expiatrice. Marqué par le rituel porté par ce rythme «qui parle de terre et de ciel», Taoufiq Izeddiou fera de cette première expérience un acte fondateur de son œuvre future. Un rapport au divin que l’on retrouve dans sa volonté d’établir une très nette distinction entre religion et spiritualité, considérant que l’absence de séparation entre les deux est en grande partie à l’origine du chaos actuel. «L’être humain a besoin de spirituel, explique-t-il, mais pas nécessairement de religion. La religion constitue une réponse rapide à nos peurs tandis que la spiritualité se construit sur le long terme. La religion demande des comptes à la fin tandis que dans la spiritualité, tu trouves ton équilibre toi-même».

Izzidiou, fer de lance de la danse contemporaine au Maroc

Taoufiq Izeddiou compte parmi ceux à qui l’on doit le développement d’une scène pour la danse contemporaine au Maroc. Architecte de formation, il est épris de théâtre et de danse, pour laquelle il suit une formation. Pédagogue et directeur artistique du Festival international de danse contemporaine «On Marche», M. Izeddiou met en place la première formation en danse contemporaine, Al Mokhtabar I (le Laboratoire) entre 2003 et 2005 dont seront issus plusieurs danseurs de la compagnie Anania. En 2007, il obtient son diplôme d’État en danse contemporaine en France. Depuis lors, à cheval entre le Maroc et l’Europe, il crée des œuvres qui explorent les tensions entre tradition et modernité, et qui libèrent les corps à la faveur de la nuit. Les chorégraphies de Taoufiq ont été accueillies en Afrique, au Moyen-Orient, en Europe, en Amérique latine et en Amérique du Nord.

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