Quentin Tarantino revient avec un film ultra-violent

La rumeur entourant ce film longuement attendu, allié à la notoriété de son réalisateur révélé avec « Reservoir Dogs » (1992) et consacré avec « Pulp Fiction » (1994), devrait le propulser vers le haut du box-office américain, estime la presse spécialisée. Il fera pourtant face à deux autres poids lourds, « Mystic River » de Clint Eastwood avec Sean Penn, adapté d’un best-seller, et « Intolérable cruauté » des frères Coen, avec George Clooney et Catherine Zeta-Jones. Dans « Kill Bill », Quentin Tarantino retrouve son actrice fétiche, la blonde et longiligne Uma Thurman, omniprésente dans « Pulp Fiction », Palme d’or à Cannes. Le cinéaste cinéphage, dont les films sont truffés de références au cinéma noir militant des années 1970 comme aux films d’art martiaux asiatiques ou au western spaghetti, présente cette fois un scénario qui n’est pas sans rappeler « La mariée était en noir » de François Truffaut, en version gore. Le personnage d’Uma Thurman, une tueuse à gages en retraite anticipée, est agressée le jour de son mariage et laissée pour morte par ses anciens employeurs. Quatre ans plus tard, elle se réveille d’un coma. Assoiffée de vengeance, la « Mariée » – elle ne porte pas d’autre nom dans le film – dresse une liste des personnes à abattre. La critique américaine se montre une nouvelle fois époustouflée par le talent du cinéaste, la virtuosité de ses images, la spontanéité de ses dialogues. Mais beaucoup trouvent la violence dans « Kill Bill » proche de l’insupportable. « Le sang ne coule pas seulement à flot, il éclabousse, il gicle, il est projeté vers le haut comme l’eau d’une fontaine si baroque et luxuriante qu’il semble pleuvoir du rouge », écrit le Los Angeles Times en introduction de sa critique publiée vendredi. Mettez vos enfants à l’abri, conseille de son côté le Washington Post, alors que le New York Times évoque « un acharnement » à déverser de l’hémoglobine qui, ajoutée à une « narration brouillonne et inaboutie », provoque « stupeur et révulsion ». Cela étant dit, le Times cède, malgré ses réserves, devant « l’indéniable passion » animant le film qui ne peut que « fasciner, et aussi bizarre que cela puisse paraître, attendrir ». « La sincérité de l’enthousiasme » de Quentin Tarantino « réussit à donner à ce film inégal une étrange et fiévreuse intégrité ».

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