Questions à Nadia Kamali, responsable de l’écriture et du développement chez Ali N’Productions

Avec le recul de 2 ans que vous avez pris par rapport à l’événement «Le prix Mohamed Reggab», qu’est ce que vous pouvez nous dire sur les jeunes et futurs réalisateurs marocains ?
Le problème majeur face auquel le cinéma marocain est confronté aujourd’hui, c’est le manque de formation des jeunes cinéastes. Les idées et la création sont bel et bien présentes dans les scénarii que l’on reçoit. Mais le plus souvent un travail de réécriture pour l’adaptation cinématographique s’impose.
Quel doit être le profil des candidats sélectionnés ?
Le seul critère de sélection est l’âge. Les candidats doivent avoir entre 18 et 35 ans. Autrement, tout le monde peut se présenter sans aucune exception à partir du moment où les critères d’écriture du scénario sont respectés.
Justement pourquoi avoir choisi parmi les critères du scénario la forme de la continuité dialoguée et pas tout type de scénarii confondus : long-métrage… ?
La continuité dialoguée représente le meilleur moyen de sélection des candidats, qui doivent respecter l’univers visuel et sonore du film et faire en sorte de respecter 5 pages-5 minutes. Un simple synopsis n’est pas assez concluant pour se faire une idée sur l’imaginaire de l’auteur.
Donc il faut forcément qu’il y ait plusieurs personnages et donc au moins un dialogue pour être sélectionné ?
Non pas forcément, après tout dépend de la qualité du scénario. Ahmed Tahiri qui a remporté le prix 1999-2000 a simplement décrit les aventures d’un jeune de Casablanca, la nuit, alors qu’il errait dans la ville à la recherche de feu pour allumer sa cigarette.
Est ce que vous envisagez d’élargir le concept du concours à tout type de scénario ?
Pourquoi pas mais à long terme alors et avec plus de partenaires. Aujourd’hui la structure ne nous permet pas de le faire.
Comment se fait-il que vous ne receviez que 70 à 80 scénarii par an et pas plus ?
Je pense que l’événement n’est pas assez couvert par la presse écrite et audiovisuelle.
Quand des candidats obtiennent une mention spéciale qu’est ce cela représente en terme concret ?
C’est le jury qui décide de cette mention lorsqu’il hésite entre les travaux des auteurs. C’est une forme d’encouragement. Par la suite il n’est pas exclu que les candidats retenus collaborent avec nous.
En dehors de la réalisation du court-métrage, la mise à diposition des moyens, quelle est la nature du prix lui-même ?
Les candidats reçoivent comme prix symbolique une statuette en bronze qui diffère tous les ans et qui est sculpté par Slimane Benghal, un grand ami de Mohamed Reggab. Evidemment le film est proposé en avant première le 16 octobre de chaque année, mais aussi dans les différents festivals nationaux et internationaux.
Qu’est ce que vous faites du produit final par la suite ?
Les courts-métrages réalisés ne sont pas des produits à but commerciaux. Ils sont simplement proposés pour être vus partout où c’est possible et pour que les auteurs en soient connus.

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