Rabat aux rythme du monde

Rabat est une ville tranquille, sans remous. Tout y dénote la tranquillité et une certaine douceur de vivre. Elle oppose aux bruits de Casablanca et à son train de vie speedy, une lenteur nonchalante. Les manifestations culturelles à Rabat affectionnent les concerts qui sollicitent l’oeil et l’écoute attentive. On n’y aime pas les spectacles bruyants. Il manquait indéniablement à cette ville le sens du rythme.
Le festival Mawazine, « Rythmes du monde », va y remédier. La ville sera en effet animée pendant cinq jours, du 18 au 22 mai, par des rythmes endiablés. Le concept sur lequel repose ce festival est fondé sur le rythme et le mouvement. Vingt-deux ensembles de l’Afrique sub-saharienne et d’Amérique du sud seront présents dans ce festival. Ils viennent d’Argentine, de Bolivie, du Brésil, du Burkina Fasso, du Cap-Vert, de la Colombie, des Iles Comores, de Cuba, de Guinée, du Pérou, du Mali, du Mexique, de la Réunion, du Sénégal et de la Trinidad. Autant dire que Rabat vibrera aux rythmes des contrées les plus dansantes de la planète. Cohérence du point de vue de l’idée directrice qui a déterminé l’organisation de ce festival, puisqu’il existe de solides liens entre les pays qui y sont invités. Au demeurant, « Rythmes du monde » ne s’oppose en rien au festival de Rabat, parce qu’il est fondé sur la notion des musiques multiethniques. Il ouvre le public marocain aux cultures de l’autre. Mohammed Ennaji, directeur des programmes, le définit comme « un festival de rencontre, de découverte et de proximité avec des formes artistiques lointaines ». Il ajoute que « la notion de rythme est liée aux vibrations qu’on veut donner à la ville ». Les chanteurs et ensembles qui s’attacheront à rompre le train-train tranquille de la capitale, impressionnent par leur qualité. Il y a d’abord la Diablada du carnaval d’Oruro de Bolivie, qui est classée patrimoine immatériel de l’humanité par l’UNESCO. Cet ensemble composé de 70 personnes, qui portent de magnifiques masques et des costumes hauts en couleur, défilera tout au long du festival dans les artères de la ville. La reine incontestée de la salsa, Célia Cruz, sera également de la fête. Inutile de préciser que chaque entrée sur scène de cette artiste enflamme l’atmosphère. Sont aussi invités à ce festival le chanteur sénégalais Youssou N’dour et le Guinéen Moy Kanté. Autant dire que les initiateurs de ce festival ont tenu d’emblée à marquer leur ambition en invitant les grands. À signaler que le plus clair des spectacles aura lieu dans une grande scène.
Une estrade sera en effet dressée sur le jardin « le triangle de la vue ». Entrée libre à tous pour assister aux concerts de Célia Cruz, Youssou N’dour et Mory Kanté. «Nous tenons à ce que le grand public participe à cette fête, c’est pour cela que les activités les plus intéressantes auront lieu en plein air», précise Mohammed Ennaji. Ce public assistera aussi aux parades de danseurs et chanteurs qui investiront la rue. La fête dans la rue rompt avec les manifestations qui se tiennent dans les salles, et qui ne montrent pas toujours aux passants que leur ville est en fête. Au reste, nombre de concerts seront accompagnés par des dégustations culinaires du pays d’où provient l’artiste ou l’ensemble qui se produit. Du café colombien et de la cuisine mexicaine en perspective! L’initiative de cet événement appartient à l’association « Maroc-Cultures ».
La direction du festival est assurée par Abdeljlil Lahjomri avec l’appui de Mohammed Ennaji à la direction des programmes. Chérif Khaznadar, directeur de la Maison des Cultures du Monde (Paris), s’occupe quant à lui de la direction artistique de la manifestation. Ce festival promet des rythmes endiablés à Rabat. Vivement le mois de mai.

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