Rabie Kati : «Il faut être patient et aimer le métier d’acteur»

Rabie Kati : «Il faut être patient et aimer le métier d’acteur»

ALM : Qu’est-ce qui vous a incité à faire carrière dans le monde du 7e art?
Rabie Kati : En fait, c’était un rêve d’enfance. Et j’ai travaillé dur pour le réaliser. Il me fallait absolument une formation et c’est la raison pour laquelle j’ai rejoint l’Institut supérieur d’art dramatique et d’animation culturelle (ISADAC). En 2003, j’ai décroché mon diplôme. Cette formation m’a permis d’avoir des bases théoriques. Mais l’apprentissage tout seul ne suffisait pas. La pratique reste quelque chose de primordial dans notre métier. Sur le terrain on découvre des techniques qu’on ne peut pas apprendre à l’école. Il faut aussi être patient et aimer ce métier pour dépasser les obstacles et les différentes contraintes qui s’imposent. L’ambition est également un élément qui nourrit les rêves de l’acteur.

Vous avez joué dans de plusieurs réalisations internationales. Que pensez- vous de ce genre d’expérience ?
En effet, j’ai joué dans plusieurs réalisations étrangères. Je peux citer, par exemple, le feuilleton «Molouk tawaif» de Hatim Ali et «Al Marsa Oua Al Bahr» d’Ahmed Saqr. Ce genre d’expérience ne fait qu’enrichir le registre cinématographique de l’acteur. C’est une occasion pour fréquenter d’autres écoles et découvrir de nouvelles techniques. L’acteur est appelé ainsi à se familiariser avec de nouvelles conditions de travail. Il rencontre des réalisateurs dotés d’un background culturel différent. L’acteur doit s’adapter à des scénarios et des sujets différents de ceux qu’il connaissait auparavant.

Dernièrement on trouve de plus en plus d’acteurs qui deviennent réalisateurs. Peut-on voir un jour Rabie Kati derrière les caméras ?
Bien sûr, mais c’est un projet à long terme. Je ne sais vraiment pas quand est-ce que cela aura lieu. La réalisation n’est pas un objectif pour moi. J’ai toujours voulu être un acteur et j’en suis un maintenant. Je me sens bien et j’aime mon métier. Je suis un acteur et j’en suis fier.

Avec le film «Les portes du paradis» des frères Nouri, vous avez participé au festival de Berlin. Le cinéma marocain peine à s’imposer dans le monde arabe. Pourquoi selon vous ?
A vrai dire, je ne sais pas. Je crois que les producteurs sont les mieux placés pour répondre à cette question. Ici au Maroc, nous avons du potentiel et les qualités pour briller dans le ciel du cinéma arabe. Je crois qu’il nous manque une stratégie pour conquérir ce nouveau marché. Le réalisateur marocain pense beaucoup plus aux festivals occidentaux que ceux du monde arabe. Je crois que plusieurs efforts doivent être déployés pour que notre cinéma imprègne le cinéma arabe par ses marques. Il faut penser à la langue de nos scénarios. Les pays arabes trouvent du mal à comprendre notre langue. De même, il faut revoir les sujets traités dans nos films, en prenant en considération le public visé afin de mieux commercialiser notre produit. Toutefois, il ne faut pas s’aventurer sur ce marché. Il faut le conquérir, certes, mais avec la plus grande délicatesse qui soit et avec une grande intelligence.

Vous avez encadré un atelier sur la formation des acteurs au Festival des lumières cinématographiques à Safi, qui s’est déroulé entre le 29 mars et le 5 avril. Parlez- nous un peu de cette expérience.

C’était une première pour moi. Je pense que le savoir est fait pour qu’il soit partagé. A ce niveau on peut se demander comment une ville peut-elle bénéficier de l’organisation d’un festival ? Je crois que la réponse est simple. Nous ne pouvons pas venir assister à un festival, prendre des prix et partir sans rien faire pour la ville qui nous a accueilli. Je crois que ce genre de mentalité doit changer. Que nous soyons acteurs, réalisateurs ou scénaristes, nous devons saisir les occasions qui s’offrent à nous, via ces festivals, pour faire connaître notre métier, rencontrer des associations et voir le public pour que tout le monde bénéficie de notre expérience.

Quels sont vos projets futurs?
Je prévois un tournage dans une réalisation intitulée «L’étranger» de Leila Triki. Je ne peux rien dire de plus sur mon personnage et je laisse le soin de le découvrir par mon  très cher public.

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