Rabie Kati : «L’artiste doit être intellectuel»

Rabie Kati : «L’artiste doit être intellectuel»

ALM : Vous avez participé dans plusieurs feuilletons et téléfilms, dont « Khet Erejaa » produit par Aziz Maouhoub. Comment avez-vous vécu l’expérience avec cet acteur et producteur marocain?
Rabie Kati : C’est ma deuxième expérience dans un feuilleton télévisé de drame produit par Aziz Maouhoub. La première fois, c’était dans « Chajarat Ezzaouia » réalisé par Mohamed Minkhar. À l’époque, je ne savais pas réellement comment me comporter derrière la caméra puisque j’avais surtout l’habitude des planches. Mais, après mon interprétation dans ce feuilleton, j’ai pris conscience des erreurs que j’avais commises au départ et, lors de cette expérience, j’ai essayé de faire de mon mieux pour les dépasser. Je me suis également adapté aux mécanismes du cinéma. Cette expérience a été assez bénéfique pour moi et elle m’a permis d’affûter mes armes dans les techniques du Septième art.

Vous êtes lauréat de l’ISADAC promotion 2003. Etes-vous aujourd’hui satisfait de la formation que vous avez reçue dans cette institution ?
La formation académique est très importante pour la carrière d’un artiste. Elle permet d’avoir les bases théoriques, des repères. C’est une façon également de se forger une personnalité et de se cultiver intellectuellement. Mais c’est juste une étape parmi d’autres.  Il faut poursuivre sa carrière en s’entraînant et en essayant de dépasser la période du conflit avec soi.
 Pour ce qui est des cours qui m’ont été dispensés à l’ISADAC, j’en suis reconnaissant. Cependant, ce n’est guère suffisant. Ce qui est plus important et bénéfique c’est de plonger dans l’univers professionnel et de rencontrer des cinéastes de renommée. C’est une façon d’évoluer et d’apprendre davantage.

Vous pensez donc que l’apprentissage théorique n’est pas suffisant…
Oui, tout à fait. La pratique est indispensable dans notre domaine. Il ne suffit pas d’apprendre des textes, il faut aussi se frotter quotidiennement aux techniques qu’on ne peut parfois pas apprendre à l’école. Dans ma promotion, nous avons eu la chance de participer à des stages avec des réalisateurs étrangers. Un grand nombre de metteurs en scène français sont venus dispenser les stages de formation à l’ISADAC. C’est à cette occasion que j’ai personnellement affronté l’univers professionnel. Parmi les stages qui ont été enrichissants pour moi, c’est celui de Patric Wallac et de Joan Dolorés Cavallero. Avec ce dernier, notre promotion avait monté le spectacle de « Richard III » adapté du roman de William Shakespeare. Dans cette pièce, j’ai incarné le premier rôle. J’ai joué le personnage de Richard III. C’était une expérience très enrichissante. Avec Patric Wallac, nous avons travaillé sur l’interprétation des chansons de Jacques Brel.

À présent comment envisagez -vous votre carrière ?
Depuis ma plus tendre enfance, je voulais être un acteur. C’était un rêve. Aujourd’hui, je suis en train de vivre ce rêve. Il se réalise. Je ne peux donc qu’en être content. Cependant, je ne suis pas du genre à me satisfaire du strict minimum. J’essaye chaque jour d’apprendre davantage. Au gré des expériences, je me fixe des objectifs. Parmi ces derniers, se trouve celui du renouvellement de ma carrière. J’entends par là, que j’aimerais lutter contre toutes les idées ancrées dans l’imaginaire et le subconscient du public marocain. À savoir le fait que la prestation des acteurs marocains est artificielle. J’aimerais faire de mon mieux pour effacer ces préjugés. Il y a des étiquettes qui collent à peau des comédiens marocains. Je suis contre cette vision rétrograde et je ferais de mon mieux pour dépasser les idées préconçues. Pour cela, ma démarche va dans le sens du renouvellement constant de ma carrière pour atteindre une renommée internationale. Mon souhait également, c’est que le cinéaste et l’acteur marocains puissent véhiculer l’image d’un artiste intellectuel, d’un artiste chercheur. Des valeurs qui ne peuvent être atteintes que si on a suffisamment de volonté pour s’instruire et évoluer. La carrière d’un artiste ne doit être indissociable de la recherche.
C’est ainsi que j’envisage ma carrière. Ceci dit, je ne la planifie pas systématiquement. Je préfère me fier à mon instinct et de profiter le maximum des expériences professionnelles et de mes rencontres avec les réalisateurs et metteurs en scène étrangers.

Quels sont vos projets dans le futur proche?
Je viens tout juste de terminer le tournage du feuilleton égyptien «Al Marsa Oua Al Bahr » du réalisateur Ahmed Saqr. C’est ce même cinéaste qui a réalisé le feuilleton « Layali Al Helmia » et « Zizinia ». C’est le cinéaste marocain Hassan El Joundi qui m’a présenté à ce réalisateur égyptien pour que je joue dans cette œuvre cinématographique dont une partie a été tournée au Maroc. J’ai joué dans ce feuilleton aux côtés de Yahia El Fakharani. Avant cela je suis parti en France pour un casting pour une série de TF1 intitulée « Mirage ». Maintenant, je m’apprête à jouer dans le feuilleton syrien «Moulouk Attaouaef» de Hatim Ali. Mon tournage aura lieu du 5 au 7 septembre.

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