Randy le tangerois

Le pianiste et compositeur Randy Weston a cherché les racines du jazz en Afrique. Il dit à cet égard : « A mes yeux, l’aspect le plus riche de la culture africaine est sa musique. Une musique magnifique dans sa puissance et dans sa diversité ».
Cette musique africaine, il ne l’a pas trouvée au coeur de l’Afrique, mais à Tanger, en compagnie des musiciens gnaouas. Il a déplacé ainsi l’avant-garde, en matière de jazz, de l’Occident vers l’Afrique. Tanger a permis à ce pianiste hors pair de faire sa profession de foi musicale, et d’afficher aussi ses capacités de visionnaire. Il s’est fait l’apôtre de la fusion entre les cultures avant toute autre personne.
Sa musique, fondée sur le rythme, a trouvé auprès des musiciens gnaouas des complices inespérés. Il a réalisé une synthèse fraîche entre les rythmes gnaouis et les éléments techniques de la musique jazz. La date de naissance de Randy Weston est un mystère, mais il a réalisé son premier enregistrement en 1954. Il est aussitôt proclamé « nouveau talent du piano » par la revue « Down Beat », spécialisée dans le jazz. Au reste, la singularité de Randy Weston tient à sa musique irréductible à toute définition. Son sens de la nuance l’ouvre constamment à autre chose. Il possède en plus le pouvoir d’interpréter un scénario sans en divulguer la conclusion, réservant ainsi aux spectateurs des dénouements imprévisibles. Lorsqu’il s’est établi à Tanger, Randy Weston a ouvert un club au-dessus du cinéma Mauritania.
C’est le Centre culturel du rythme africain où ont défilé les grands maâlems gnaouis. Randy Weston a toujours reconnu sa dette à l’égard de Tanger. Il a même immortalisé cette ville dans son célèbre album « Tanjah ».

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