Randy Weston de retour à Tanger

A 82 ans, Randy Weston n’a rien perdu de son sens de l’humour et de sa joie de vivre. Invité dans le cadre de la dernière édition de la conférence de Tanger, ce célèbre compositeur et pianiste de jazz américain passe une semaine de retrouvailles avec les lieux mythiques de la perle du Nord. Randy Weston en profite pour rencontrer ses anciens amis tangérois. La plupart d’entre eux sont des mélomanes et musiciens avec lesquels il avait l’habitude de partager de belles soirées musicales à Tanger. Et comme à chacune de ses visites dans cette ville, ses amis et le public tangérois lui réservent un accueil chaleureux. Ce qui le pousse à répéter assez souvent avec son accent afro- américain «Ici les gens aiment ma musique». Et l’un des moments qui marque cette visite à Tanger est la soirée organisée par son amie Khadouj El Hemam en hommage à son mari feu Abdesslam Kaaboun, qui fut aussi l’un de ses grands amis. C’est une soirée pleine d’émotions et de retrouvailles pour Randy qui était accompagné de son épouse sénégalaise Fatoumata. Ce que vient de vivre Randy Weston pendant son dernier séjour à Tanger renforce encore plus ses liens avec cette ville. Et comme les autres célébrités tels que Paul Bowles, Henri Matisse, Mohamed Choukri ou Tahar Ben Jelloun, cet artiste est considéré par les Tangérois comme l’une des figures emblématiques qui ont marqué la mémoire de Tanger. Il lui a dédié l’une des plus belles œuvres musicales «Tanjah». Randy Weston a découvert Tanger en 1967 grâce à une tournée devant le mener dans 14 pays africains dont la dernière étape fut le Maroc. Séduit par son caractère cosmopolite de cette ville, il choisira de s’y installer avec ses quatre enfants. C’était un personnage modeste et sympathique qui a réussi à se lier d’une grande amitié avec plusieurs Tangérois. Ce qui l’a amené à faire la connaissance de maîtres de Gnaoua à Tanger.
Grand amoureux de la musique traditionnelle africaine, il passait beaucoup de temps avec ces derniers et allait aussi à la découverte d’autres rythmes traditionnels de même tendance, à savoir Aissawa et Jilala et en fit la comparaison avec la musique pratiquée par les Afro-américains aux Etats-Unis. «Cela me faisait rappeler ce que me disait toujours mon père que nous – les Afro-américains– étions en Amérique depuis quatre siècles, mais l’Afrique reste toujours présente dans nos cœurs, esprit, cuisine et musique. Il me faisait rappeler souvent que j’étais un Africain né aux Etats-Unis et il faut que je pense un jour retourner dans ce continent pour découvrir mes racines», se souvient Randy Weston.  
Ce grand musicien ira plus loin dans ses recherches, il entreprit un périple à la rencontre d’autres maîtres à travers le Maroc. Il sera le premier musicien à faire la fusion entre les deux musiques de Jazz et Gnaoua. Son parcours d’artiste sera distingué par les tournées effectuées dans plusieurs pays avec de grands maîtres de Gnaoua marocains dont le maâlem Abdellah El Gourd, fondateur de Dar Gnaoua de Tanger. Son séjour dans la ville du détroit a été aussi distingué par la création de son fameux club «African Rhythms» où s’étaient produits de grands chanteurs tels que Max Roach, Ahmed Jamal et Ibrahim Abdullah. Et comme tout grand amoureux de Tanger, il a voulu contribuer à l’animation de cette ville en créant en 1972 un festival de Jazz de trois jours. Il a fait venir de grandes célébrités tels que Odetta, Yusuf Lateef, Ahmed Jamal et Mandril. Né en 1926, Randy Weston a vécu son enfance dans le quartier noir de Brooklyn. .

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