Réactions : Aide au cinéma : les professionnels satisfaits

Mohamed El Alioui, réalisateur : «C’est insuffisant !»
Sous d’autres cieux on réalise un seul film avec la bagatelle de 21 milliards de centimes ! Chez nous, comment peut-on encourager la production cinématographique avec cette enveloppe budgétaire de 5 milliards de centimes ? C’est insuffisant. Pour développer le cinéma dans notre pays, il faut établir un plan bien ficelé à long terme. Et il ne faut surtout pas négliger l’aspect de l’infrastructure cinématographique du Maroc. Je me demande toujours comment peut-on faire du cinéma moderne, de bons films, avec des moyens techniques vétustes et archaïques ?  C’est inadmissible. Il y a également l’épineuse question relative à l’aspect financier ; comment va-t-on dépenser cette somme allouée à la production cinématographique?  En fait, il faut revoir le cinéma dans notre pays. Les films marocains ne rapportent rien, comme c’est le cas des autres pays où le cinéma est une industrie.  Dans les meilleurs cas, la recette d’un film national ne couvre que le tiers des frais de sa production.

Amine Belhouchat, futur cinéaste :   «L’avenir sera en rose»
Cette enveloppe budgétaire de 50 millions de dirhams consacrée au cinéma est une bonne nouvelle.  Cela veut dire que nous allons avoir plus de films et plus de qualité, cinématographiquement parlant.  C’est un bon début pour les techniciens et les réalisateurs.  
Vous savez, un film est une industrie. Un tournage,  c’est aussi des frais de transports, de restauration, de logements…Je tiens aussi à préciser que l’argent n’est pas tout dans la production cinématographique. Un film est d’abord une bonne idée, un excellent scénario, une histoire bien ficelée….L’on peut avoir les moyens techniques les plus performants, mais si on n’a pas un bon scénario, c’est peine perdue. Il faut quelque chose à raconter avec sa caméra. Et c’est pour cette raison-là que nous avons besoin d’une école de formation publique aux métiers du cinéma . Enfin, cette décision est une initiative louable. Pour le cinéma marocain, je peux dire que l’avenir sera en rose. Le résultat de cette décision on le verra dans deux ans. 

Ahmed Boulane : «Une initiative à saluer»
L’augmentation de l’aide publique à la production cinématographique est une très bonne initiative. Cela prouve que nos décideurs politiques veulent que le cinéma marocain se développe chez nous avec ses propres moyens au lieu d’aller faire les mendiants en France ou ailleurs. Je remercie particulièrement Nabil Benabdellah, le ministre de la Communication, et les responsables du Centre cinématographique marocain (CCM) pour leur volonté de pousser le cinéma marocain vers l’avant pour que l’on puisse évoluer d’une manière naturelle.

Driss Rokh : «Pour niveler notre cinéma vers le haut» 
La décision d’augmenter l’enveloppe budgétaire allouée à la production cinématographique sera très bénéfique pour le cinéma national. J’ai applaudi avec beaucoup d’enthousiasme cette décision annoncée par le ministre de la Communication Nabil Benabdellah lors de la cérémonie d’ouverture du huitième Festival national du film  au cinéma Roxy.  D’ une part, elle permettra de revoir à la hausse le nombre de films produits annuellement, plus de dix films par an, et d’autre part, elle donnera aux professionnels du secteur plus de chances et de possibilités de travail.
Maintenant, la balle est dans le camp des cinéastes appelés à honorer leurs obligations de résultat. 
 
Mohammed Bastaoui : « Cette somme doit servir le cinéma »
Je trouve personnellement que cette initiative du ministre de la Communication est positive. C’est une démarche louable. Les moyen financiers sont importants pour le développement du 7ème art dans notre pays. Passer de 30 millions à 50 millions de dirhams, c’est un chiffre appelé à augmenter. Cependant, il faudrait que les mentalités suivent. Cette somme allouée à la production doit servir le cinéma et non pas servir ceux qui font le cinéma.
Il faut que les producteurs fassent bon usage de cet argent et contribuent à un véritable développement du cinéma au Maroc.  La télévision a aussi un rôle à jouer.
L’implication de ce média peut aussi aider à développer le cinéma puisque l’on remarque que la télévision a une grande audience et les projecteurs sont braqués aujourd’hui sur cet outil de communication.

Malek Akhmiss : « L’essentiel, c’est de profiter de cette aide »
La somme de l’aide à la production cinématographique a été revue à la hausse. C’est une bonne initiative. C’est une façon de promouvoir le cinéma marocain. Cela permet d’aller de l’avant et de promouvoir l’image du cinéma marocain à l’étranger. On remarque que lorsque nos films sont de qualité, ils s’exportent de plus en plus à l’étranger. Si cette aide est utilisée pour renforcer la qualité des productions c’est tant mieux.
Ce sera une véritable richesse pour le 7ème art marocain. Mais, le plus important ce n’est pas d’annoncer cette augmentation, mais plutôt de l’appliquer. J’entends par là qu’il faudrait que tout le monde en bénéficie. Y compris les techniciens et les comédiens. J’espère du plus profond de mon cœur que cette aide publique au cinéma sera effective.
En outre, si la télévision s’implique d’avantage en augmentant  le nombre de téléfilms produits comme l’a annoncé le ministre de la Communication, tous les spectateurs pourront en profiter.

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