Réactions : Palmarès : les pronostics des uns et des autres

Younès Reggab, jeune réalisateur : je vote pour «Mémoire en détention»
Je porte mon dévolu sur «Mémoire en détention» de Jilali Ferhati parce que son histoire est fluide, et c’est le genre de film à suspense. Le public a été d’ailleurs tenu en haleine jusqu’à la fin du film. Au-dela du suspense, ce film apporte un nouveau regard sur les tristement célèbres années de plomb, en le présentant comme un devoir de mémoire. Le héros de ce film, «El Mokhtar», interprété avec brio par Jilali Ferhati, finira d’ailleurs par recouvrer la mémoire. Avec ce film, Jilali Ferhati a montré encore une fois qu’il est toujours égal à lui-même. 
 
Mohamed Nadif, comédien et metteur en scène : «Chambre noire» a beaucoup de chance
Il m’est difficile de me hasarder à des pronostics, sachant que la compétition ne s’est pas encore terminée. Mais d’après les  longs-métrages que j’ai jusqu’ici vus, je peux en citer deux ou trois de ma préférence : «Marock» de Leila Marrakchi, «Mémoire en détention» de Jilali Ferhati et «Chambre Noire» de Hassan Benjelloun. En ce qui concerne «Marock», je trouve que c’est un film excellent. Je profite de l’occasion pour saluer et la parfaite maîtrise cinématographique de la réalisatrice et le courage dont elle a fait preuve en s’attaquant à des sujets tabous de la société marocaine, notamment la question des rapports sexuels des Marocaines musulmanes avec des personnes d’autres confessions. Dans le film, le rapport de l’héroine avec un Juif du Maroc lui a valu le rejet de sa famille et surtout de son frère aîné. J’ai également apprécié les approches de la tristement célèbre époque de plomb, les années soixante-dix , adoptées dans les films «Mémoire en détention» de Jilali Ferhati et «Chambre noire» de Hassan Benjelloun. 

Khalid Demoun : Jilali Ferhati a brillé par ses «Mémoire en détention»
À quelques jours du verdict, c’est difficile de faire un choix judicieux et objectif. Il y a plusieurs films dont certains qualifient de prometteur mais qui n’ont pas encore été projetés. On attend de les voir pour juger. Mais jusque-là, le film qui m’a plus dans la catégorie long métrage c’est « Mémoire en détention » de Jilali Ferhati. Je trouve que ce réalisateur mérite d’être applaudi, il réalise des œuvres avec des scénario bien ficelés. Ce long métrage n’est pas un film linéaire, il offre une nouvelle vision du cinéma marocain. Ainsi, Jilali Ferhati, apporte une nouvelle façon de faire du cinéma. Côté court, ma préférence jusqu’à présent va pour deux œuvres. J’ai aimé le court métrage «Danse du fœtus» de Mohamed Mouftakir et «Faux pas» de Lahcen Zinoun.

Mohamed Kortbi, président de la chambre marocaine des techniciens : je vote pour «Mémoire en détention»
Le grand prix de cette huitième édition du FNF mérite d’être remis à «Mémoire en détention» du réalisateur Jilali Ferhati. C’est un film qui reçoit à mon avis jusqu’à présent la valeur des pronostics.
Je pense à mon avis que c’est le seul long métrage qui obéit à des critères purement marocains. «Mémoire en détention» est 100 pour cent marocain. Je trouve que c’est inadmissible de recourir à des techniciens étrangers alors que nous possédons dans notre pays des compétences qui méritent d’être vivement encouragées. C’est ce qu’a fait Jilali Ferhati et c’est pour cette raison que j’ai apprécié son film qui a une approche esthétique et technique dans laquelle on peut se projeter en tant que spectateur d’abord et après en tant que professionnels. Dans ce long-métrage, on sent une force dans les décors, le scénario et le casting. Je vote donc pour ce film.

Bilal Marmid, journaliste culturel à Médi 1 : «Marock» mérite le Grand Prix
Pour cette compétition, je pense que c’est le long-métrage de la jeune réalisatrice Leila Marrakchi qui décrochera le Grand Prix de la huitième édition du Festival national du film. « Marock » est un film qui mérite une consécration parce qu’il a apporté du nouveau pour le cinéma marocain. Autrement dit, Leila Marrakchi a osé sortir des sentiers battus et traité un sujet tabou. C’est d’ailleurs pour cette raison-là que son film a suscité autour de lui un débat des plus houleux. Je pense également que le film de Jilali Ferhati, « Mémoire en détention », méritera une récompense. En plus de l’histoire relatée dans ce long-métrage, j’ai apprécié particulièrement le jeu du comédien Mohamed Marouazi. Grosso modo, ce sont maintenant les jeunes réalisateurs qui représentent dignement le cinéma marocain dans les autres pays. C’est le cas notamment de Nour-Eddine Lakhmari avec « Le regard » et de Faouzi Bensidi avec « Mille mois ». Et rien que pour cela, il faut les récompenser.

Touria Alaoui, actrice : le jury est comme une femme enceinte
C’est plutôt difficile de se prononcer maintenant. Vous savez, le jury est comme une femme enceinte. Tous les membres de sa famille attendent avec impatience l’arrivée de son bébé, mais ne peuvent prédire s’ils auront un charmant prince ou une séduisante princesse.  J’étais moi-même membre du jury de la septième édition du Festival national du film tenue à Oujda, et je peux vous assurer qu’un jury est imprévisible. Qui décrochera le Grand Prix de ce festival? C’est la question que tout le monde se pose actuellement. Les spéculations des uns et des autres vont bon train, mais restent en fin de compte que des spéculations. Dans cette manifestation, je suis présente dans le film de Daoud Oulad Sayed, « Tarfaya», où je campe le rôle d’une jeune fille voulant partir à Las Palmas. Quant à moi, je n’attends qu’une seule et unique récompense : celle du public. Et cela me suffit largement !

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