Réforme de l’audiovisuel : Ce qui reste à faire

Le futur ministre de la Communication a du pain sur la planche. Le décret de loi mettant fin au monopole de l’Etat en matière de radiodiffusion et de télévision étant publié au Bulletin Officiel (N°2.02.663), reste maintenant à activer les choses. Il s’agit en effet d’élaborer le décret d’application qui précise les conditions d’octroi des licences pour la création et l’exploitation de nouvelles chaînes de radio et de télévision. En attendant ce texte, le décret de loi indique que cette mission relève des attributions de la Haute Instance de la Communication Audiovisuelle.
Selon le décret de loi, cette instance est habilitée à autoriser les sociétés privées à investir dans le domaine audiovisuel. Chaque autorisation accordée ne doit pas dépasser un délai de cinq ans. Cette institution veillera aussi au respect des modalités des cahiers des charges. Pour l’heure, tous les investisseurs potentiels attendent avec impatience le cahier des charges qui précise les modalités d’attribution des licences d’exploitation des stations radio et des chaînes de télévision.
En attendant la formulation des cahiers de charges, les demandes pour l’octroi des licences adressées auprès du ministère de la Communication se multiplient. On en recense plus d’une soixantaine. Si on prend le temps de lire attentivement les dispositions du décret de loi, il y a lieu de constater que les grandes lignes des cahiers de charges sont déjà énumérées. Il s’agit à titre d’exemple du respect de la pluralité notamment en matière d’information à caractère politique que ce soit au niveau des médias publics que privés. En ce qui concerne la publicité, le texte autorise à l’Instance Supérieure de veiller, selon les moyens les plus adéquats, à la manière dont les messages publicitaires sont diffusés sur les médias publics bénéficiant de la subvention.
Selon toujours le texte, la Haute Instance examinera les doléances notamment des partis politiques et des associations reconnues d’utilité publique en cas d’infraction des mesures prévues dans la loi sur l’audiovisuel. Dans ce sens, elle peut prendre les mesures nécessaires prévues dans la loi. Elle peut même imposer les chaînes de radio et de télévision de diffuser des mises au point. Le bureau de cette instance veillera aussi au respect de la loi sur la liberté de la concurrence. Parmi les attributions de cette instance, l’élaboration des critères juridiques et techniques pour la mise en place d’un système d’audiométrie. Autant donc de mesures qui seront certainement clarifiées au niveau du cahier de charges. C’est d’ailleurs l’une des priorités du ministère de la Communication pour concrétiser la réforme de l’audiovisuel.
En attendant le décret d’application, force est de constater que la réforme de l’audiovisuel ne se résume pas à une décision politique. La révision de la loi étant nécessaire, c’est la qualité des projets qui redonnera un nouveau souffle au paysage audiovisuel national.
L’enjeu est de taille aussi bien sur le plan économique que culturel. Les nouveaux larrons doivent produire un contenu qui puisse réconcilier les téléspectateurs avec leur audiovisuel. Ceci nécessite certes des financements importants mais surtout des idées ingénieuses. Un bon contenu audiovisuel a de fortes chances de rivaliser avec des chaînes internationales.
Le fait que le téléspectateur marocain soit fidèle aux stations sattelitaires s’explique par la défaillance de l’audiovisuel national. Aujourd’hui, la revalorisation de ce secteur dépend de la mise en place de toute une économie. La réforme de l’audiovisuel se traduira certainement par la hausse des investissements publicitaires dans la mesure où certains annonceurs potentiels qui n’ont pas encore franchi le cap seront encouragés à communiquer sur les médias qu’ils jugent adaptés à leur stratégie. Tout dépend donc de la qualité du contenu qui sera produit par les nouveaux larrons.

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