Rencontre avec Fernando Arrabal à Casablanca

Rencontre avec Fernando Arrabal, mercredi 24 janvier, à l’Institut Cervantes de Casablanca. C’est ce que vient de nous annoncer le Syndicat national des professionnels de théâtre (SNPT). Organisée par le centre culturel espagnol de Casablanca, en partenariat avec le service de coopération culturelle de l’ambassade d’Espagne au Maroc, cette rencontre prévoit des travaux en ateliers qui seront encadrés par Fernando Arrabal au profit d’une trentaine de comédiens représentant différentes troupes nationales.
Lors de ces ateliers de formation, les professionnels de théâtre auront l’occasion de connaître de près l’expérience de l’artiste aussi bien sur le plan de la dramaturgie que sur celui du cinéma, sachant que l’artiste a réalisé sept longs-métrages, sans compter son abondante œuvre littéraire (recueils de poésie, romans, etc). Les ateliers seront lancés à partir de 10 heures du matin, sauf qu’ils seront ouverts uniquement aux professionnels du théâtre. Ce n’est que dans l’après-midi que la rencontre sera ouverte au public attendu. Arrabal compte un grand nombre de fans au Maroc.
D’aucuns le considèrent même comme un Marocain, sachant bien  que ce dramaturge est né dans le préside occupé  Mellilia le 11 août 1932. Depuis sa tendre enfance, il est resté traumatisé par la disparition mystérieuse de son père, condamné à mort par le régime de Franco puis évadé. A cause de ce traumatisme, comme l’a écrit le Prix Nobel Vicente Aleixandre, «la connaissance qu’apporte Arrabal est teintée d’une lumière morale qui réside dans la matière même de son art». En témoigne le célèbre essai intitulé «Lettre au général Franco» qu’il a écrit du vivant du dictateur, mais aussi un théâtre porté par une obsession quasi-hystérique de la mort.
Co-fondateur du mouvement Panique avec Roland Topor et Alejandro Jodorowski, Arrabal a fondé un théâtre brutal, fou, et provocateur. Dans sa violence, son théâtre s’apparente à celui d’Antonin Artaud, ou plus encore à celui de Sade. Dans sa philosophie, ce théâtre est porté par une teinte absurde, à l’image même d’une dictature qui a fait des détentions arbitraires, et de la torture gratuite, un mode de gouvernance. Le parcours d’Arrabal a été jalonné de plusieurs distinctions, dont le Prix Nabokov du roman, sans oublier qu’il a été nominé en 2005 pour le Prix Nobel.

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