Rencontre : Hamid Bennani : un rêveur réaliste

Rencontre : Hamid Bennani : un rêveur réaliste

Le terme «rêveur » est celui qui sied le plus à la nature et au caractère de Hamid Bennani. Ce réalisateur marocain donne l’impression d’être quelque part à la marge de son entourage et de son environnement. À la manière d’un philosophe, Hamid Bennani à sa propre conception de  la vie. Pour mieux l’apprécier, il préfère mener sa carrière paisiblement et dans la tranquillité la plus absolue.
Parmi les réalisations que ce réalisateur aime à évoquer : le Festival ciné jeunesse qui a eu lieu dans les années 80. Ce festival était organisé par la wilaya de Rabat. Trois ans après, cet évènement a été arrêté. Le réalisateur parle de cette époque du festival comme une véritable aubaine pour la jeunesse. C’était conçue à se but. Parmi les activités programmées figuraient entre autres des projections sur grand écran. « C’était pour la première fois qu’on projetait des films sur grand écran », raconte Hamid Bennani avec un brin d’amertume. Lorsqu’il parle de ce festival, ce réalisateur fait oublier qu’il est laconique. Il n’aime pas trop parler et préfère observer.
C’est peut être pour cette raison que Hamid Bennani ne fait pas beaucoup parler de lui. Sa devise semble être la discrétion. Ce réalisateur marocain, né en 1942 à Meknès, s’est pendant longtemps retiré de la scène cinématographique marocaine. Après son film « Traces» en 1970, ce réalisateur s’est quelque peu écarté du registre du long-métrage et s’est plutôt penché vers la réalisation de courts-métrages et de documentaires.
Cette situation avait été provoquée par des soucis d’ordre personnel : « J’ai traversé à un certain moment de ma vie une mauvaise passe, ce qui fait que sur le plan professionnel, j’ai dû marquer une pause », déclare le réalisateur. Passé les durs moments, Hamid Bennani revient à sa passion, le cinéma. « À présent, je ne veux plus réaliser des documentaires, j’ai envie de me consacrer de nouveau aux longs-métrages », souligne-t-il. Hamid Bennani renoue donc avec les longs-métrages.
Tout récemment, il a écrit deux films : « Jamila comme jamais » ainsi que « L’enfant Cheikh ». Les scénarios de ces deux œuvres cinématographiques sont ficelés et fin prêts. Maintenant la prochaine étape est la plus difficile. Il s’agit bel et bien du financement. « Je dois à présent essayer de trouver les fonds nécessaires pour que je puisse débuter le tournage », ajoute Hamid Bennani.
Ce réalisateur va-t-il recourir à la coproduction à l’instar de ses collègues comme Daoud Oulad Syad, un vétéran de cette méthode. Il s’agit entre autres du partage des fonds entre les deux parties étrangères. Ceci permet de palier les difficultés financières, puisque les dépenses sont partagées. Mais Hamid Bennani ne semble pas être réellement en faveur de la coproduction. Pour ce réalisateur,il faut être armé pour pouvoir se lancer dans la coproduction. Il partage donc l’avis de certains observateurs de la scène cinématographique.
Quelques-uns pensent en effet que la coproduction peut avoir plus d’inconvénients que d’avantages. Hamid Bennani évoque dans ce sens que le pays qui propose de cofinancer le film peut exiger ses propres lois. Par moment, le sujet est même imposé par la partie qui accepte de coproduire. Alors Hamid Bennani préfère garder ses distances vis-à vis de la coproduction. Il est réservé sur ce point.
Par contre Hamid Bennani est plus confiant quand à l’importance de la télévision. Ce réalisateur a dernièrement finalisé le téléfilm « Le petit bonheur » pour 2M. Pour Hamid Bennani : « La télévision a ouvert la porte à la fiction » et d’ajouter : « C’est une nouvelle possibilité qui s’ouvre pour les cinéastes ». En plus de rendre aujourd’hui la fiction plus accessible au grand public, les téléfilms sont pour lui un processus beaucoup plus rapide.   « Il faut au moins 4 à 5 ans pour faire un film, par contre un cinéaste peut faire deux téléfilms par an ». Une conception qui laisse encore une fois ressentir que Hamid Bennani prend son temps dans toutes ses réalisations.

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