Reportage : Des us et coutumes préservés d’une génération à l’autre

Reportage : Des us et coutumes préservés d’une génération à l’autre

Si le mois de Ramadan est un moment de grand recueillement et de spiritualité, la Nuit du Destin demeure aussi un moment de joie et de célébration. En effet, les coutumes et traditions marquant «Laylat Al Qadr» peuvent différer d’une région à l’autre. Néanmoins, le 27ème jour du Ramadan demeure, pour l’ensemble des Marocains, une occasion pour visiter la famille et fêter les premières journées du jeûne des enfants. Parallèlement, d’autres familles profitent de cette occasion considérée idéale pour procéder à la circoncision des enfants. A Taroudant, cette nuit est fêtée d’une manière particulière. En effet, les femmes avaient l’habitude de se réunir dans une grande place publique pour préparer du couscous. «On se regroupait directement après «Ftour» dans une grande place publique. Chacune de nous apportait un ingrédient selon ses moyens. Ainsi, on se mettait à éplucher les légumes et préparer le poulet. On travaillait d’arrache –pied pour préparer une grande quantité de couscous. Cette activité se passait dans une atmosphère de gaieté et de joie. On se racontait des blagues et on chantait. Et une fois le couscous cuit, on commençait alors à servir des plats à chaque maison. Les premiers plats étaient d’abord destinés aux gens qui veillent à la mosquée et aux étudiants de la medrassa», souligne Rahma. Une coutume ancestrale rythmait, de surcroît, cette nuit. «Si les femmes préparaient le couscous, les hommes et garçons se préparaient et mettaient leurs plus belles djellabas et babouches. Munis de grandes bougies, ils faisaient ainsi le tour de la ville. Ils récitaient des louanges du Prophète comme ils jouaient la dekka roudania», explique-t-elle. Par ailleurs, les coutumes marquant Laylat Al Qadr au niveau de la région du Souss-Massa-Draâ demeurent presque identiques à celles des autres régions du Maroc. «C’est une nuit qu’on considère comme une fête. Ainsi, après «Ftour» on effectue des visites aux autres membres de familles comme on les invite. Le plat réservé à cette occasion est le couscous qu’on prépare avec du poulet «beldi». C’est surtout cet esprit de préservation et de renforcement des liens familiaux et sociaux qui demeure primordial», déclare Rkia. D’autres coutumes et préparations caractérisent cette nuit. «Les femmes devaient aussi veiller comme lors de chaque fête religieuse à brûler de l’encens dans les maisons. Une autre coutume est également réservée à cette nuit. Au niveau des quartiers populaires, les femmes préparaient trois plats de couscous. Un plat réservé à la mosquée ainsi qu’un deuxième plat servi aux petits enfants du quartier en plus du plat réservé aux membres de la famille», souligne-t-elle. D’autres traditions de célébration rythment également cette nuit pour les jeunes filles qui viennent de jeûner pour la première fois. Elles sont ainsi maquillées, habillées de caftans traditionnels tout en ayant les mains tatouées de henné. C’est également l’occasion pour prendre des photos et immortaliser ce moment. Si la dernière semaine est un grand moment de recueillement pour les adultes, cette période constitue un moment d’excitation et de joie pour les petits enfants. En effet, cette période est également une phase de préparation pour «Aïd Sghir». «Les choses ont beaucoup changé ces derniers temps. Auparavant, les fêtes religieuses avaient un grand symbole. Je constate que la plupart des parents optent pour le prêt-à-porter et je comprends les obligations financières mais j’aurai aimé qu’on garde nos coutumes intactes car je reste très nostalgique des préparatifs de Aïd Sghir», souligne Rkia. «Enfant, ma mère et mes tantes se regroupaient pour aller au souk et acheter des tissus qu’elles déposaient chez les tailleurs pour les récupérer à temps le jour de la fête. Ainsi, les petites filles étaient habillées d’une manière traditionnelle. Même constat pour les garçons qui s’habillaient en djellaba et babouche. Je me rappelle qu’on veillait tard la nuit pour garder intact les motifs du henné dont on nous ornait les paumes des mains. Une fois séché, on enlevait le henné et on hydratait les paumes avec un mélange à base d’huile d’olive, de jus de citron et de gousses d’ails. Ce mélange était censé donner une meilleure couleur à nos motifs de henné», nous livre Rkia avec nostalgie.

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