Reportage : Les Petit et Grand Socco sont parmi les lieux les plus fréquentés de Tanger

Reportage : Les Petit et Grand Socco sont parmi les lieux les plus fréquentés de Tanger

Nul ne peut parler de Tanger sans évoquer les Petit et Grand Socco. Situés respectivement intra et extra muros, ces derniers sont considérés comme des témoins incontournables du passé historique de la ville du détroit. D’ailleurs, Souk Dakhal se distingue toujours par l’architecture hispano-mauresque de ses quelques anciens bâtiments et cafés, d’où son nom de Petit Socco qui vient des mots espagnols «zoco chico». Considérée comme un carrefour de ruelles commerçantes et animées, cette place, située au cœur de l’ancienne médina, continue de connaître une forte affluence des visiteurs. «A la fin du dix-neuvième siècle et au début du vingtième, Souk Dakhal a pris la forme d’une grande place avec tout autour un nombre important d’épiceries, magasins, bijouteries et cafés. Il fut considéré comme le quartier principal de la ville, où se négociaient les grandes affaires politiques et commerciales. La place Souk Dakhal se distinguait en particulier par une forte dynamique à l’époque, où Tanger était sous statut international. A titre d’exemple, le célèbre café central gardait ses portes ouvertes jour et nuit grâce à la plus forte affluence qu’il connaissait pendant ce temps», affirme Abdessamad Achab, le directeur de la Bibliothèque Abdellah Guenoun et connaisseur émérite de l’histoire de la ville de Tanger. Le Petit Socco a pu donner à l’ancienne médina une empreinte particulière, qui lui est propre, grâce à ses anciens bâtiments et monuments historiques dont la grande mosquée construite à la fin du XVIIème siècle par le Sultan alaouite Moulay Ismaïl. Et les visiteurs de cette place ne peuvent être indifférents à sa beauté et son ancien style architecturel. Les vieux cafés du Petit Socco dont ceux des Postes, Fuentès, Tingis et Central connaissent encore une forte affluence. Les anciens clients se souviennent y avoir côtoyé de grandes célébrités telles que Paul Bowles, Jean Genet ou Mohamed Choukri. Et selon les commerçants et habitués de ces lieux, le Petit Socco a connu, ces dernières décennies, certains changements, et ce avec la création de nouveaux commerces dont les bureaux de change ainsi que de grands magasins de prêt-à-porter et des bazars. «Le Petit Socco a perdu quelques unes de ses anciennes activités. Les vieux cafés comptaient parmi leurs fidèles clients un certain nombre de personnes, que l’on y voyait assis devant leur petite table en train de pratiquer leur métier de convertisseur de devises. Ces personnes se servaient des cafés comme lieu de leur travail», révèle un serveur d’un café de la place. Malgré les quelques changements qu’a connus le Petit Socco, celui-ci demeure un lieu de prédilection pour les intellectuels et les artistes aussi bien marocains qu’étrangers. «La notoriété de la place a dépassé les frontières. Ses vieux cafés, réputés par leur thé à la menthe, continuent, comme par le passé, d’être fréquentés par des artistes et écrivains connus au niveau international et que les gens ordinaires ne peuvent pas les identifier», indique l’artiste-peintre tangérois Mohamed Raïss El Fenni, qui possède depuis trente-huit ans un petit magasin d’objets d’art et d’artisanat au Petit Socco. Pas loin du Petit Socco et à la sortie de Bab Fahs se trouve le Grand Socco (El gran zoco), connu aussi chez les Tangérois par «Souk Bara». Cette place porte officiellement et depuis quelques années le nom de «9 avril», en référence à la célèbre visite en 1947 de Feu SM le Roi Mohammed V à Tanger. Elle a été créée bien après le Petit Socco. Et elle va connaître une grande dynamique au début des années vingt, quand l’administration internationale a décidé d’y installer le plus grand marché de la ville. Cette place a été aussi témoin de la construction de plusieurs sites historiques dont la fameuse mosquée Sidi Bouabid, créée en 1917 et qui se distingue encore par son minaret en faïences polychromes, ou la Mendoubia, qui fut à l’époque de sa création, au début du 20ème siècle, le siège de la légation d’Allemagne. «Le visiteur de la Mandoubia sera fasciné, entre autres, par l’architecture des lieux et par l’énormité d’un arbre centenaire se situant à son entrée. L’empereur d’Allemagne Guillaume II qui effectuait un séjour à Tanger a siégé quelque temps dans les locaux de ce prestigieux bâtiment pour recevoir les membres des délégations officielles», raconte M. Achab. Selon les anciens tangérois, le Grand Socco n’est plus ce qu’il était auparavant, mais il attire encore un grand nombre de visiteurs grâce à son grand marché permanent, où l’on peut trouver de tout et ses bâtiments historiques tel que l’ancien cinéma Rif qui abrite depuis fin 2006 les locaux de la cinémathèque de Tanger. Cette place connaît une forte affluence en particulier jeudi et dimanche pour acheter des légumes, fruits, œufs et volailles des campagnardes, qui viennent pour leur majorité des régions avoisinantes de Jbala.

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