Revivre le pont aérien de Berlin, 55 ans après

"C’est vraiment important de s’amuser en apprenant l’histoire. Je trouve cela cruel de forcer enfants et adultes à souffrir dans les musées. L’histoire doit se ressentir", sourit le commandant Frank Hellberg. Hellberg a eu l’idée de remettre en service un Douglas Dakota DC-3, le pendant civil du C-47 utilisé par les Américains pour ravitailler les deux millions de Berlinois de l’ouest. "Ils atterrissaient et décollaient toutes les deux ou trois minutes", se souvient Helmut Streamel. Ancien pilote allemand, il est cette fois l’un des passagers d’un vol de 45 minutes au-dessus de Berlin et ses environs. "Ils", ce sont les équipages américains et britanniques des 500 avions qui ont permis de briser le blocus de Berlin-ouest, instauré par les Soviétiques le 21 juin 1948.
Après l’intégration économique des zones d’occupation américaine, britannique et française et la création du Deutsche Mark, Moscou voulait forcer la population à se soumettre pour que Berlin bascule dans le secteur soviétique. Jusqu’à la fin du blocus en mai 1949, les pilotes apporteront environ 2,5 millions de tonnes de nourriture au fil de 277.000 atterrissages sur l’aéroport de Tempelhof, au coeur de Berlin-ouest. Un monument près de l’aéroport rappelle la mémoire des 74 aviateurs alliés et de leurs assistants allemands qui ont payé cette mission de leur vie.
Aujourd’hui, atterrir à Tempelhof est visuellement impressionnant mais techniquement aisé. L’avion survole à basse altitude des maisons et des magasins. Mais il y a 55 ans, un pilote devait voler entre des immeubles de plusieurs étages avant de poser son appareil. Un vol sous l’autorité du commandant Hellberg reste réservé aux estomacs bien accrochés. Il inclut une pirouette autour de la Tour de télévision, point culminant de la capitale allemande sur l’Alexanderplatz, la grande place de Berlin-est.

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