Révolution dans l’audiovisuel

Une petite révolution s’annonce dans le secteur de l’audiovisuel. Le nombre de stations de radio va décupler. De nouvelles chaînes de télévision vont voir le jour. Le monopole de l’Etat sur la publicité sera levé. La bousculade va être terrible. En avant-garde de la masse de stations qui occupera les ondes du pays en 2004, Radio Sawa qui est diffusée à partir de Washington. Cette station, qui émet par dérogation depuis le mois de septembre, affiche déjà ses ambitions de compter dans le pays. “Une soixantaine de demandes de créations de radios“ a été enregistrée par le ministère de la Communication, avant l’adoption de la loi, qu’en sera-t-il maintenant que cette loi qui est en passe de devenir une réalité ? Il faut s’attendre particulièrement à une explosion de radios libres. Des radios qui ne se contenteront pas de divertir, mais aussi d’informer. À cet égard, la course à l’information imposera de nouvelles habitudes dans son traitement. Elle conduira également les membres du gouvernement, selon Nabil Benabdellah ministre de la Communication, à être plus réactifs et à informer plus. Ce dernier se félicite au demeurant de l’adoption de cette loi qu’il qualifie de “pas irréversible vers la démocratie“. En fait, le ministère de la Communication a joué un rôle moteur pour conduire à l’adoption de la loi par le gouvernement. Maintenant que cette étape a été traversée, la loi devra être approuvée à la fin de ce mois-ci à la Chambre des représentants. Après quoi, c’est la Haute autorité de la communication audiovisuelle (HACA) qui prend en charge le dossier. Cette instance délivrera les autorisations d’émettre et donnera des avis sur le contenu des radios et chaînes de télévision. La régularisation du secteur dépend désormais de la HACA. Ces quatre lettres sont à retenir, parce qu’elles sont indissociables de l’entrée en vigueur d’une loi d’une importance considérable. Une loi qui va sans doute modifier les habitudes des Marocains dans la consommation des médias. Elle étaie de façon certaine le processus de démocratisation du Maroc qui quitte le rang des pays qui gardent la mainmise sur les médias. Toutefois, les détails de la mise en oeuvre de cette libéralisation requièrent beaucoup de professionnalisme de la part des membres de la HACA. Ils n’auront sans doute pas de soucis avec la ligne éditoriale des radios et télévisons, mais avec le strict respect des cahiers de charges. De ce point de vue-là, il y a fort à faire. S’il n’y a pas de professionnels pour signaler les manquements au cahier de charges, cette libéralisation peut produire des courants de pensée uniques et des émissions productrices de peu de sens.

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