Said Qodaid : Anarchie marquée par une quasi-absence d intermédiaires

Said Qodaid  : Anarchie marquée par une quasi-absence d intermédiaires

ALM : Votre évaluation quant à l’évolution du marché de l’art national?
Said Qodaid : Il faut dire que le marché de l’art a évolué de façon remarquable cette dernière décennie même s’il n’est pas encore organisé. C’est bien pour cela que je me pose la question de savoir si la tendance suivra toujours un trend favorable ou pas. En clair, le marché souffre d’une certaine anarchie marquée par une quasi-absence d’intermédiaires.
Tel que structuré aujourd’hui, le marché de l’art ne possède pas les acteurs classiques que nous trouvons à l’étranger et qui répondent aux mêmes critères d’éligibilité. Les trois principaux canaux de l’art étant les collectionneurs, les critiques d’art et les galeristes. Nous constatons malheureusement que certains collectionneurs sont plus intéressés par la spéculation que l’art en soi.
Côté critiques d’art, nous n’avons pas au Maroc de réels spécia-listes. Ce sont surtout des écrivains qui ne sont pas forcément outillés pour exercer ce métier à part entière. Enfin, concernant les galeristes, je pense qu’il ne suffit pas d’avoir un espace pour se prévaloir galeriste. Le propre d’un galeriste étant l’accompagnement de l’artiste ici et à l’étranger.
Bref, beaucoup de choses restent à faire bien que le public ait évolué et commence à s’intéresser à ses artistes marocains.

Vos expériences à l’étranger?
En 26 ans de métier, cela fait douze années maintenant que je participe à des manifestations artistiques à l’étranger qui m’ont permis de m’exporter, notamment à Paris, Londres et Madrid.
A la lumière de mes participations à l’étranger, je peux conclure que l’intérêt pour mes œuvres est là, faut-il encore que l’accompagnement suive.

Les contraintes rencontrées pour exporter votre art?
La principale contrainte réside dans le fait que l’artiste doit se consacrer à son art alors qu’au Maroc il doit aussi essayer de se vendre par ses propres moyens à l’étranger.
De l’autre côté, ce sont les galeristes qui accompagnent en parfaits managers les artistes pour les démarcher et faire leurs promotions dans les salons, les foires et les autres événements artistiques. Par ailleurs, l’absence d’une réelle cotation des œuvres d’art ne facilite pas les choses. Les prix des toiles sont en effet fixés arbitrairement et ne tiennent pas compte de ce qui se pratique à l’étranger. Ceci complique les ventes à l’étranger surtout quand l’artiste n’est pas forcément connu sur ces marchés.

Le rôle de l’Etat pour accompagner ses artistes ?
Le nouveau bureau de l’Association des artistes plasticiens contemporains du Maroc a demandé, lors de la dernière
réunion qui s’est tenue avec le ministre de la culture en septembre dernier, une meilleure communication entre les deux parties pour créer une synergie et faire avancer les propositions. Parmi elles, l’octroi de la carte professionnelle de l’artiste qui sera désormais régie par une commission. Le but étant de structurer la profession et de ne pas ouvrir la porte à tout le monde. Un salon de l’art contemporain sera organisé au mois de mars à Casablanca, ce qui permettra de promouvoir les artistes présents et débattre des problématiques inhérentes au marché national de l’art.
Bref, il faudrait créer une véritable relation de partenariat entre l’artiste et les autres parties de telle sorte à le hisser en vrai acteur de développement intellectuel pour une société. 

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