Saïd Taghmaoui : «J’ai décidé de revenir au Maroc avec tout l’argent que j’ai gagné»

Saïd Taghmaoui : «J’ai décidé de revenir au Maroc avec tout l’argent que j’ai gagné»

ALM : Que symbolise pour vous l’hommage que vous rend le FIFM lors de cette édition ?
Saïd Taghmaou : Je n’ai même pas les mots pour dire ce que cet hommage représente pour  moi. Que mon pays, le pays de mes parents, de mes ancêtres, mon pays d’origine me rende hommage, à moi Saïd le jeune Marocain, et que cela se passe à Marrakech au Festival international du film, cela m’a bouleversé. D’être associé à des personnalités comme Emir Kusturica, Christopher Walken que j’admire profondément, C’est un double hommage. C’est un cadeau qui veut dire : «On t’aime Saïd, continue, on est fier de toi». C’est comme cela que je le prends. Et moi, comme je suis jeune, trop jeune, je pense que cet hommage est un symbole. Cet hommage m’est destiné, mais au fait, c’est pour vous, c’est pour tous les Marocains, tous les jeunes arabes du monde entier qui rêvent de faire du cinéma un jour ou un  autre métier, mais de le faire dignement.  

Quel est le secret de votre réussite ?
Si moi, j’en suis arrivé là, c’est que je n’ai jamais renié mes  convictions, je n’ai jamais fait des combines pour qu’on me donne un rôle.  J’ai toujours dit : «Je reste le même et j’y arriverais avec le talent et la foi en ce que je fais». Là, Dieu m’a souri, la vie m’a souri. C’est pour cela que je me dois d’être très honnête, d’être sincère et sérieux  dans les choix des films. Je me dois de toujours penser à vous, au Maroc,  aux gens qui m’aiment, qu’est-ce que je représente à travers eux, pour  faire quelque chose de bien tout le temps. Je n’ai même plus le droit de penser qu’à moi quand j’accepte un film aujourd’hui. Je ne peux faire un film qu’en pensant au peuple marocain,  la fierté qu’il aura ou l’embarras dans lequel je pourrais le mettre. Donc je ne peux plus être égoïste. J’appartiens aux Marocains, je suis leur petit ambassadeur. Puisque la vie en a décidé ainsi, alors je vais  l’assumer comme il se doit.   

A travers vos films, vous n’êtes pas aussi ambassadeur de la France ?
Mon pays c’est le Maroc. Cela est clair dès le début. D’ailleurs, dans le film G.I.Joe, qui a été à la tête du box-office cette année, c’est la première fois qu’on met un arabe en tant que super-héros positif et qui  est d’origine marocaine en l’occurrence.  Pour l’anecdote, dans un moment donné du film, on pose à Abel «Breaker’ Shaz», le personnage que j’incarne, la question «de quel pays viens-tu» ?. Alors, on a voulu que je dise la France, mais je me suis battu avec mes  agents, j’ai dit : «C’est le Maroc ou rien !». Et voilà, c’est la meilleure preuve que je peux vous donner. Ce film est le plus réussi que j’ai fait de ma vie, il est distribué dans le monde entier. C’est huit millions de dollars de chiffre d’affaires et on va faire la deuxième et troisième parties.

Qu’en est-il des deux productions que vous comptez réaliser au Maroc ?
J’ai décidé, là maintenant, de revenir au Maroc avec tout l’argent  que j’ai gagné, mais surtout les connexions, les contacts que j’ai cultivés avec les grands producteurs américains et les grands studios et qui  veulent me suivre dans mes projets. L’idée c’est de faire un film  marocain, un grand film qui traversera la frontière.

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