Saïda, un honneur bafoué

Saïda est une jeune femme moderne et heureuse dans sa vie de famille qu’elle partage avec un mari aimant et qu’elle aime et une petite fille adorable. Une vie conjugale faite de labeur, d’honnêteté et d’amour aux côtés d’un époux, architecte de son état, qui fait de son mieux pour assurer confort, stabilité et une meilleure situation aux siens. Tout se passe le plus normalement du monde. Les petits soucis quotidiens ne font que partie du charme d’une relation harmonieuse faite de partage. On est dans un Maroc moderne où tout se décide à deux. Mais le destin a ses caprices, ses mauvais coups. D’un taxi, elle est emmenée de force par le chauffeur lui-même et un complice, dans un maison délabrée où elle subit l’assaut bestial des deux hommes…
Le viol est donc le thème majeur du téléfilm qui porte le nom de son héroïne principale, Saïda. Réalisé par Majid R’chich d’après une idée du même réalisateur et sur un scénario de Abdelilah Hamdouchi, le téléfilm aborde un phénomène qui fait ravage dans notre société mais qui reste cantonné dans le registre du tabou. D’où le mal que Saïda éprouve à pouvoir en parler. Incapable d’en informer son mari, elle finit par s’adresser à une association qui prend charge les femmes victimes de viol. Ce n’est qu’à ce moment qu’elle arrive à se libérer.
Une initiative que trop peu de femmes, réduites au silence, osent prendre. Le téléfilm se veut donc un élément de sensibilisation. Une portée didactique et, quelque part, éducative mise en exergue par un scénario simple dans sa construction. Un message, que l’on doit saluer, auquel s’ajoute une interprétation irréprochable de l’actrice Fatima Khair dans le rôle de Saïda. L’émotion, la gestuelle, des éléments nécessaires à un tel personnage et que l’actrice a su, non sans succès, incarner. Elle reste malheureusement le seul personnage à se construire une personnalité. Tous les autres acteurs s’effacent et passent au second plan. Leur rôle se limite à une mise en contexte et un accompagnement du personnage principal. A commencer par le mari, interprété par Saad Tsouli Khandouri, et Latefa, amie de Saïda. Aussi victime de harcèlement de la part de son patron, et dont le rôle est joué par Amal Chabli. Un effet peut-être voulu pour insister sur une souffrance on ne peut plus individuelle.
Même si l’impression de déjà-vu plane tout au long du téléfilm, celui-ci n’en est pas moins réussi sur le plan technique. Une production bel et bien de chez nous, que la deuxième chaîne a appuyé techniquement et financièrement, et qu’il faut encourager.

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