Salaheddine Benmoussa : «Derb Sultan, quartier de la résistance, de la culture et du sport»

Salaheddine Benmoussa : «Derb Sultan, quartier de la
résistance, de la culture et du sport»



ALM : Que signifie pour vous Derb Sultan ?
Salaheddine Benmoussa : J’ai vécu toute mon enfance à Derb Sultan. J’ai étudié à l’école «Mohammedia» située à Derb Alia. Je me souviens encore de plusieurs de mes anciens enseignants. Je peux citer à titre d’exemple Mohamed Abed El Jabri qui m’a enseigné la langue arabe en 1957, Said Seddiki m’a enseigné la langue française, Mohamed Rekab, Abdellatif Hilal et Mahmoud Saâdi. C’est à cette époque et dans ce lieu que j’ai découvert la lettre arabe. L’art de la calligraphie arabe était présent sur les murs et sur l’ensemble des locaux des commerces. Je me souviens aussi des rythmes de la musique de l’orchestre qui habitait tout près de nous. Il m’arrivait d’avoir la chance d’assister à ses séances de répétition. À Derb Sultan, j’ai découvert les films égyptiens projetés dans les salles de cinéma du quartier. Il y avait des salles de cinéma construites par de riches résistants nationalistes pour concurrencer les autres salles de cinéma appartenant à des Français comme cinéma ABC. Il y avait une solidarité et une fraternité entre les voisins du quartier. On s’entraidait dans les moments difficiles et on partageait les moments heureux. Je peux dire que Derb Sultan était le quartier de la résistance, de la culture et du sport.

Gardez-vous d’autres souvenirs de ce quartier?
C’est dans ce quartier où j’ai appris à jouer le football. Je me rappelle aussi qu’à l’arrivée de chaque fête nationale où religieuse, j’organisais des sketches, des spectacles, des pièces de théâtre et des concerts de musique dans ce quartier. Au niveau des études, il y avait une grande concurrence entre les jeunes du quartier. Ils se réunissaient pour discuter des cours d’algèbre et autres cours des mathématiques et échanger leur connaissance. Je me souviens aussi d’une période de ma jeunesse marquée par la poésie d’amour et les échanges de lettres entre les filles et les garçons du quartier.

Quelles sont les autres figures de Derb Sultan que vous avez côtoyées ?
Je peux citer l’artiste-peintre feu El Gherbaoui, l’homme de théâtre Abderezzak El Badaoui, Abdelkader Moutaâ, Mohamed El Khalfi, Abdeltif Salah, Aid Maouhoub, Mohamed Tsouli, Ahmed Michal, le réalisateur Mohamed Osfour, Si Mohamed El Habachi, Echchaibia Adraoui, Ahmed Michaal, le grand footballeur Larbi Ben Mbarek.

Est-ce que vous visitez souvent ce quartier ?
Absolument, je visite Derb Sultan chaque trois ou six mois. Je retrouve mes anciens amis, mais il y a beaucoup de choses qui ont changé dans ce quartier. Ah si seulement je pouvais revivre mes souvenirs.

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