Salma Fellahi ressort le caractère poétique du Melhoun

Salma Fellahi ressort le caractère poétique du Melhoun

Son livre vient d’être édité par Noor Publishing

«Le poète du Melhoun se base essentiellement sur la rime et les jeux sonores pour rythmer son vers plutôt que sur le décompte des syllabes».

Contre toute perception, le Melhoun suscite l’intérêt de certains jeunes. C’est le cas de Salma Fellahi, professeur de littérature, langue et communication françaises, qui vient de publier «La poétique du Melhoun marocain». Un livre édité par la maison d’édition allemande Noor Publishing sur proposition de celle-ci.

Dans son œuvre, l’auteure révèle notamment les «particularités poétiques» de cet art. «Notre objectif principal est de voir si le Melhoun est un texte à placer sur le même piédestal que les autres genres poétiques», précise-t-elle dans l’introduction de son ouvrage.

Avant de cerner ces caractéristiques poétiques, Salma Fellahi, qui prend appui sur une documentation adaptée, remonte aux origines du Melhoun en étudiant ses «influences». Ainsi, elle rappelle que le Melhoun est «officiellement né à Tafilalt à la fin du Moyen-Âge». Après quoi, l’auteure démontre que cet art est influencé, entre autres, par le zajal andalou dont «les premiers achyakh marocains retiennent fond et forme avant de remodeler leurs créations selon leur vision personnelle quelques années plus tard».       

Malgré ces influences, les poèmes obéissent à des critères déterminés. «La qasida du Melhoun n’est pas un poème dénué d’organisation», précise l’écrivaine.

Dans leurs textes, les chantres du Melhoun exaltent plusieurs sujets à l’instar de l’amour, la femme, la passion divine et les Lieux Saints. Il est même question d’humour dans la qasida de cet art. C’est le cas du conflit entre un téléphone fixe et un téléphone portable. Pour mieux illustrer ces thèmes, Salma Fellahi recourt à la traduction de ces textes. La tâche a dû ne pas être aisée étant donné que les poèmes de cet art sont déjà inaccessibles quant à la compréhension de quelques mots, voire de structures. «Certains termes utilisés dans le Melhoun ne sont pas à la portée de tout le monde», explicite l’auteure. Aussi, le niveau de la langue utilisée dans ces textes est compliqué.

En outre, cet art est marqué par la présence de dialogues. «Le barde (…) se confie, par exemple, à une bougie», indique l’auteure  Dans ce sens, elle conduit l’exemple du fameux poème «La bougie/Chamaâ».

De plus, le texte du Melhoun possède, selon Salma Fellahi, «ses propres mesures qui varient selon chaque cheikh».

Dans l’ensemble, cet art obéit, selon l’écrivaine, «à un certain nombre de règles poétiques qui le catégorisent dans la poésie et non pas dans le simple chant populaire». Un constat qu’elle livre après avoir ressorti les mètres du Melhoun à l’instar d’Al mbiyyet, de Makssour ejjnah, d’Assoussi Al mazloug et d’Al mchteb. Pour appuyer le caractère poétique de cet art, elle précise que «le poète du Melhoun se base essentiellement sur la rime et les jeux sonores pour rythmer son vers plutôt que sur le décompte des syllabes». D’où l’intérêt de l’œuvre de l’auteure.   

Pour rappel, le livre de Salma Fellahi a fait l’objet d’une thèse de doctorat en mars 2016. Pour l’heure, l’auteure est également professeur vacataire à la Faculté des lettres et des sciences humaines de Casablanca à Ain Chock. Bon vent ! 

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