Samira Kadiri : «Ce prix est une reconnaissance à tous les artistes marocains»

Samira Kadiri : «Ce prix est une reconnaissance à tous les artistes marocains»


ALM : Vous êtes récompensée par la société académique d’éducation et d’encouragement Arts, Sciences et Lettres de Paris , que représente pour vous cette récompense ?
Samira Kadiri : Cette distinction ne peut être pour moi qu’une forte motivation pour aller de l’avant et défendre à travers ma voix d’autres causes tombées dans l’oubli. Au début de ma carrière, je n’ai jamais pensé être primée un jour. Mon amour et ma passion pour la musique ont guidé mon parcours. J’ai toujours ciblé un public raffiné avec qui je peux partager mes idées. Dans l’autre rive, je veille à faire découvrir la richesse et la profondeur culturelle de notre pays et à transmettre des messages de tolérance et d’ouverture. Cette consécration est particulière dans mon parcours artistique, le fait qu’elle est décernée par une Académie bien reconnue depuis 1915, et connue pour ses objectifs dans le cadre de la promotion des cultures. Etre primée par cette Académie parmi d’autres Marocains est par excellence une reconnaissance à tous les artistes marocains qui mettent leur énergie au service de la culture et des arts.

La musique lyrique est quasi absente sur la scène marocaine, qu’en pensez-vous?
Effectivement, la musique lyrique est quasi absente dans le monde arabe. Malgré le fait qu’il existe de très bons artistes et compositeurs lyriques, ce style reste, et c’est bien dommage considéré comme élitiste même chez l’élite. Cette absence totale des pratiques et de la tradition de la musique lyrique au Maroc rend un bon nombre de bons compositeurs et chanteurs dans l’anonymat. Ce qui a poussé quelques jeunes talents à se produire uniquement à l’étranger.  Comme je suis de double formation lyrique et traditionnelle, j’avais la chance de me produire dans de grandes salles d’opéra. J’ai chanté dans plusieurs scènes marocaines, je peux citer quelques participations qui ont marqué mon parcours. J’ai incarné le rôle principal du personnage de candela dans l’oeuvre de Manuel de Falla dirigée par le maestro Raoul Lay. On a présenté un fabuleux spectacle qui honore vraiment le Maroc dans une des grandes salles d’opéra d’Europe, le Rodonfinum.

En parallèle à votre carrière artistique, vous êtes la directrice de la Maison de la culture de Tétouan, comment réconciliez-vous entre ces deux métiers?
Je crois que l’un est au service de l’autre. Je suis au service de la Maison de la culture et vice versa. Je peux dire que ce n’est pas évident d’avoir trois missions à la fois (foyer, Maison de la culture et carrière artistique) mais tout équilibre dépendra d’un savoirfaire et d’un sens de l’organisation c’est -à- dire de ne pas faire une mission au détriment d’une autre. Je ne chante jamais durant la période des examens de mes enfants, jamais durant les festivals et grands évènements organisés par moi-même. Mes trois missions me passionnent. Ce sont mes raisons d’être.

Quels sont vos projets?
J’ai plein de projets. Après avoir sortir deux CD, j’enregistrerais deux autres dans deux styles différents : l’un lyrique pour voix et piano et un autre qui s’inscrit dans la musique des trois cultures. Le premier est intitulé « Cantiques des femmes » et le deuxième «Melos» avec d’autres voix de la Méditerranée. Je suis sur une nouvelle création avec l’orchestre philarmonique de Dijon et mon groupe Arabesque. Je chanterai un répertoire qui puise dans les anciens cantiques sacrés. Il ressemble aux chants syriaques, chants souffis – chants orthodoxe du Moyen-Orient, son titre c’est Hiwar Al Mahaba. Je continue de mener d’autres recherches musicologiques qui me serviront par la suite à montrer d’autres répertoires dans la musique mudejar mauresque.

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