Sanaa Alaoui : «Je suis une grande épicurienne et une amoureuse de la vie»

Sanaa Alaoui : «Je suis une grande épicurienne et une amoureuse de la vie»

ALM : Vous venez de remporter le prix «Nouveau Talent» au Medfilm Festival à Rome. Parlez-nous de ce prix.
Sanaa Alaoui : Dans le cadre de la quinzième édition du MedFilm Festival à Rome et son édition spéciale «Découverte des grands auteurs, et les jeunes talents» qui a eu lieu en novembre dernier, la France et le Maroc étaient à l’honneur. À cette occasion, le festival m’a décerné le prix «Nouveau Talent» pour l’ensemble de mon travail d’actrice comprenant notamment les douze longs-métrages dans lesquels j’ai joué ces dernières années. C’est une grande marque de reconnaissance de la part de mon pays et de l’Italie, et un réel encouragement pour le travail à venir… Ce métier pour moi est synonyme d’universalité, d’ouverture, de voyages, de belles rencontres. Ce prix va dans ce sens… Et j’en suis ravie !

Vous êtes connue pour la diversité de vos rôles. Comment les choisissez-vous?
Mes choix se portent sur la qualité de l’écriture, du personnage, du message du film… Peu importe que le personnage soit une ado rebelle, une esclave ou une bourgeoise…L’essentiel est que j’en tombe amoureuse. Si je ne l’aime pas, je ne pourrai pas le jouer. J’aime les personnages profonds, complexes que j’aurai envie de défendre. Ils doivent m’émouvoir ! Ensuite, c’est le feeling et la confiance avec le réalisateur qui sont déterminants. C’est ce qui me permet une fois sur le plateau de me livrer en toute sérénité et au maximum au personnage.

Souvent vous interprétez des personnages de femmes libres, épanouies, qui bousculent les convenances sociales. Êtes-vous ainsi ?
Le premier rôle qu’on m’a proposé au Maroc est celui de Amal dans «Face-à-face» d’Abdelkader Lagtâa . Une femme qui après la disparition de son mari, décide de se libérer de toutes les contraintes sociales et de s’affirmer. Et je crois que ce n’est pas un hasard… Le réalisateur pour qui j’ai un profond respect, et avec qui j’ai travaillé également dans «Yasmine et les hommes», m’avait choisie sans un bout d’essai. Il avait senti que j’étais proche du personnage, que je lui ressemblais énormément. En effet, je suis ainsi. Je vis d’abord et avant tout pour moi, j’assume mes choix de vie, et poursuis mon chemin sereinement. Et plus j’avance dans la vie, plus je me libère du regard de l’autre, plus je suis heureuse. Vivre pour les autres, c’est vivre mentalement enchaîné, frustré. Par conséquent, c’est se mentir, et mentir aux autres !

On va vous voir prochainement dans le film «Terminus des anges» réalisé par Narjis Najar, Mohamed Moftakir et Hicham Lasri. Parlez- nous de votre rôle dans ce film.
C’est un film qui a pour but de sensibiliser la population marocaine au virus du sida. Étant très sensible à ce genre de causes, et prônant le droit à la connaissance et à la conscience, l’idée d’un tel film m’a plue. Rita, c’est le rôle que m’a proposé Hicham lasri. C’est une jeune femme muette, qui porte le voile, mais qui assume sa sexualité avant le mariage. Un personnage complexe qui représente un Maroc nouveau, un Maroc actuel.

Vous tournez dans des films aussi bien au Maroc qu’à l’étranger. En dehors du Maroc, ne croyez-vous pas que parfois on vous cantonne dans des rôles de jeunes Maghrébines ?
Absolument pas. En France, j’ai incarné plusieurs personnages dont Maud, une femme flic à la brigade criminelle, Lila, une prof de français, Laetitia, une femme flic stagiaire, Samia, une hôtesse de l’air, et également des rôles de personnages du théâtre classique français… Jusque-là, rien de cliché. Jouer une femme flic, une hôtesse de l’air ou un professeur de français en France, c’est faire partie intégrante du paysage français, sans complexe aucun… Que ce soit au Maroc ou ailleurs, je choisis mes rôles avec beaucoup de soin. Par conséquent, je ne m’embarque pas dans n’importe quelle aventure sous prétexte qu’on me propose un rôle. Quant à mes rôles en Espagne dans «Un fiancé pour Yasmina» d’Iréne Cardona et «Sous le même ciel» de Sylvia Munt, ce sont ceux de femmes modernes et ambitieuses. Parfois, je propose de nouvelles choses au niveau des scénarios, qui me semblaient plus logiques, les réalisatrices se sont montrées à l’écoute et ouvertes aux propositions. Travailler sur un plateau est un échange, on rectifie et peaufine ensemble les personnages avec les réalisateurs.

Outre le cinéma, qu’est-ce qui vous passionne ?
Je suis une grande épicurienne et une amoureuse de la vie avec tout ce qu’elle apporte. Beaucoup de choses me passionnent, à commencer par la danse. Je danse depuis mon très jeune âge. Mes parents m’ont inscrite en cours de danse classique à l’âge de 4 ans avec ma sœur aînée. Plus tard, je me suis essayée à d’autres formes de danse, comme la salsa, la danse orientale, la danse moderne…. Pour moi, s’exprimer commence d’abord par le corps, d’où l’importance pour les acteurs de passer par là. Un de mes rêves: danser dans un film et pourquoi pas, chanter aussi ! Une autre de mes passions : la cuisine. J’adore manger, me faire plaisir et faire plaisir aux autres. Je suis une fervente fan des plats sucrés-salés, et ce que je préfère par-dessus tout: la cuisine créative. Souvent, il m’arrive d’ouvrir placards et frigo de ma cuisine, et inventer en fonction de ce que je trouve. Je mets de la musique en fond, et improvise un plat en fonction de mon humeur… De manière générale, j’aime le rapport aux matières, au matériau … J’aime toucher les tissus, caresser le bois, toucher les choses… D’où mon envie d’avoir un atelier de poterie un jour, et voir mes mains enduites entièrement d’argile…En plus d’être beau, je trouve ça extrêmement sensuel et apaisant.

Quels sont vos projets ?
Un producteur et des auteurs travaillent sur un one-woman-show me concernant. Un projet en écriture actuellement que je rêve de réaliser depuis des années. Ce projet verra le jour après le tournage du prochain long-métrage de Jawad Rhalib, dont le début est prévu pour septembre 2010 au Maroc et en Espagne. Je tourne également dans le court-métrage «Les boutons dorés» d’Éric Borg en mai-juin 2010.

Un dernier mot.
La vie est un arc-en-ciel, à nous d’y mettre la couleur qu’on veut bien y voir.

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