Sanâa Alaoui, la nouvelle femme flic du petit écran

Sanâa Alaoui, la nouvelle femme flic du petit écran

ALM : Après une longue absence des écrans marocains, vous interprétez le rôle de femme flic dans la 5ème saison de « La Brigade » de Adil El Fadili. Veuillez bien nous parler de cette expérience…

Sanâa Alaoui : C’est la première fois que je joue à la télé au Maroc. Il est vrai que j’ai joué dans plusieurs films pour le cinéma marocain comme «Oud el Ward», «Yasmine et les hommes», ainsi que dans des séries, téléfilms et longs-métrages en France et dans plusieurs pays en Europe, mais j’ai toujours refusé de tourner pour la télé marocaine.

Pourquoi ?

Parce que certaines offres ne m’ont pas plu. Je n’ai adhéré ni au personnage ni au scénario. Pour accepter un rôle, j’ai besoin d’une histoire qui me parle, d’un personnage qui me donnera envie de le défendre et de ressentir le feeling avec le réalisateur ou la réalisatrice. Et quand j’ai rencontré Adil au Festival de Khouribga, nous avons eu un bon échange. J’ai vu son court-métrage «Courte vie» qui est fabuleux et visionné quelques épisodes de «La Brigade». J’ai alors su que j’avais affaire à un réalisateur qui a une vision qui me correspond et avec qui j’allais m’entendre. J’ai donc accepté de travailler avec lui et j’en suis heureuse. Adil est très proche de ses acteurs, il est toujours présent et il sait ce qu’il veut. C’est très appréciable.

Quelle serait la valeur ajoutée de «La Brigade» pour votre parcours que ce soit au Maroc ou à l’étranger?

On ne m’a jamais vu à la TV au Maroc, et encore moins dans un personnage comme celui-ci. Il s’agit d’un rôle où il y a de l’action parfois et qui exige d’être ferme, de montrer sa part masculine tout en restant une femme. Ce qui me plaît et montrera d’autres facettes de moi. En France, j’ai joué dans des séries policières à trois reprises, mais c’est différent parce que la réalisation de « La Brigade» n’est pas la même que celle de «Julie Lescaut» par exemple où c’est très classique. Je trouve que Adil a une vision plus moderne, plus rock. Son travail sur l’image, la lumière, les angles de vue est minutieux. Il prend beaucoup de temps pour la mise en place technique, il ose les close-up, ce qui est rare au Maroc et à la TV en général. Et sur le plateau, il est beaucoup dans l’impro. Un jour il m’a dit en riant : «Arrête de lire le scénario!». En effet, puisqu’on le change constamment (rires). Adil a sa propre vision, sa méthode de travail est différente de tout ce que j’ai connu auparavant en plus d’être un vrai cinéphile. Et avec peu de moyens, il fait de belles choses. C’est une bouffée d’air frais !

Et comment sont les conditions de tournage ?

Je trouve qu’il y a beaucoup de générosité sur ce tournage. Il y a très peu de moyens mais on éprouve énormément du plaisir à travailler. Tout le monde est de bonne humeur. Parfois j’ai tourné dans des conditions où il y avait énormément de moyens, mais il n’y avait pas cette interaction entre les gens. Vous savez, les acteurs sont très sensibles, alors quand le réalisateur aime son acteur, celui-ci est plus généreux et a envie de donner son maximum.

Alors de telles conditions ne vous décident-elles pas à rester au Maroc ?
Ce que je désire aujourd’hui c’est de travailler davantage au Maroc tout en continuant de jouer à l’étranger aussi. Je me sens profondément citoyenne du monde. J’ai besoin de diversité, de jouer dans plusieurs langues, dans plusieurs pays. Voyager, bouger font partie intégrante de moi. Par conséquent, je compte faire plusieurs allers-retours et renouer davantage avec les professionnels. D’ailleurs depuis que je suis ici, j’ai déjà eu trois propositions pour différents projets que j’ai acceptées. J’en parlerai en temps voulu.

Alors des projets à venir ?

Hormis ceux dont je viens de parler, je jouerai le rôle principal d’un long-métrage franco-cubain en novembre prochain. Je tournerai une partie en France et une autre à Cuba, à La Havane. Pour le moment, je ne peux pas parler des détails parce que la boîte de production ne me permet pas de dévoiler le projet qui est tout récent. Par contre, je reviens juste après pour tourner la suite des épisodes de la 5ème saison de «La Brigade» en décembre. Je suis également en train d’écrire depuis un petit moment suite à des propositions qui m’ont été faites en France et au Maroc.

Un dernier mot ?

Depuis que je suis ici, je redécouvre le Maroc et je peux dire une chose : j’aime ce pays !

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