Sanaa Alaoui, une graine de star

Sanaa Alaoui, une graine de star

ALM : Actuellement dans les salles de cinéma, « Ici et là » est le dernier film de Mohamed Ismaïl. Il est également votre deuxième apparition dans une production marocaine. Comment trouvez-vous le rôle de « Samira » ?
Sanaa Alaoui : D’abord, je tiens à dire que le personnage de « Samira » n’est pas apprécié au Maroc. C’est une jeune fille marocaine vivant avec sa famille, en France, mais qui n’arrive malheureusement pas à réconcilier entre le lourd poids des traditions et les attraits d’un mode de vie moderne. Dans « Ici et là», « Samira » est une femme rebelle qui refuse de courber l’échine et réclame une certaine liberté, tout en menant son bonhomme de chemin. En fait, ce film a jeté la lumière sur les deux extrêmes de notre société.
Dans « Ici et là », il y a « Samira », mais il y a aussi « Moukhtar ». Ce dernier mène une vie complètement à l’antipode du personnage que j’interprète, mais revendique, lui aussi, et peut être avec la même ardeur, certaines manières et pratiques qu’il ne trouve pas dans son entourage et dans son quotidien. C’est dire que ces deux personnages ne partagent pas les même idéaux, mais revendiquent, chacun à sa manière, une certaine conception de la nation de la liberté.
Lequel de ces deux rôles vous appréciez le plus, celui de « Samira » dans « Ici et là » ou celui de « Amal » dans « Face à face » ?
Sincèrement, je préfère le rôle de «Samira». Pourquoi ? Parce que tout simplement je pense que j’ai vraiment évolué dans mon interprétation et que j’ai beaucoup travaillé mon personnage, en comparaison avec « Amal », qui n’est autre que le rôle principal de « Face à face », un long-métrage d’Abdelkader Lagtaa, produit en 2002.
Vous avez joué également dans le «Pain nu» avec Saïd Targhmaoui. Quel rôle campez-vous dans cette production ?
Je joue dans le «Pain nu» la maman de Mohamed Choukri, tandis que l’acteur Saïd Targhmaoui interprète le personnage de ce célèbre écrivain.
Il faut noter que dans ce film qui relate l’existence de Mohamed Choukri, il y avait trois autres acteurs, en plus de Saïd Targhmaoui, qui se sont succédé pour mieux retracer les différentes phases de sa vie. La sortie dans les salles de cinéma de ce film est programmée pour mai prochain.
On vous reproche le fait de ne pas accorder une grande importance aux productions télévisuelles nationales…
Vous savez, je viens de refuser un rôle dans un téléfilm pour la deuxième chaîne de télévision nationale 2M. La raison de ce refus réside essentiellement dans le caractère du personnage qu’on m’a proposé de jouer. En fait, mon rôle était celui d’une jeune fille enceinte qui s’est retrouvée, soudainement, seule et dans la rue. Après une vie dure et amère, cette jeune fille va, vers la fin de ce téléfilm, annoncer qu’elle mérite bien de mener une telle vie. Je ne peux pas passer un message pareil, d’autant plus que je viens de débuter dans le métier. Il faut dire aussi que j’ai joué dans deux séries télévisuelles françaises. Il s‘agit exactement de « Les grands frères » d’Henry Helman, en 2002, pour le compte de la chaîne française TF1. J’ai également joué dans « Le juge est une femme » de Charlotte Brandstrom, pour TF1, en 2001.
Dans ces deux productions, vous avez interprété le rôle d’une jeune beurette. N’avez-vous pas peur qu’on colle votre image à ce personnage ?
Non, pas du tout. D’ailleurs, je viens de refuser de travailler dans une production française, où je devais interpréter le rôle d’une Française. Je pense que je suis capable de me mettre dans la peau de différents personnages. J’avais suivi, de 1999 à 2002, des cours d’art dramatique à l’Ecole Florent, avant d’entamer ma carrière dans le cinéma et je dis que je suis prête à tout. Il faut aussi préciser une chose : il n’y a aucun mal à jouer le rôle d’une jeune beurette de cité. C’est vrai, je n’ai pas vécu dans des cités, mais je sais comment ça se passe, depuis que je suis arrivée en France pour accomplir mes études.
Quels sont vos projets pour cette année ?
Je penche actuellement sur deux projets. Il s’agit précisément de deux nouveaux films : un long-métrage prévu pour la fin de cette année et un court-métrage pour très bientôt. Ces deux productions seront réalisées par Christian Monnier.

Sanaa Alaoui au cinéma

El Otro Lado – 2004
Long-métrage de Gustavo Loza.

Le cadeau – 2004
Court-métrage de Jamal Souissi.

Ici et la – 2004
Long-métrage de Mohamed Ismail.

Le pain nu – 2003 / 2004
Long-métrage de Rachid Benhadj.

Jeux de plage – 2002
Court-métrage de David d’Aquaro.

Face à face – 2002
Long-métrage d’Abdelkader Lagtaa.

Papillon de nuit – 2001
Court-métrage de Fabien Chauvier.

Un jour peut-être – 2001
Court-métrage de Rachid Kartaba.

Inoubliable – 2001
Court-métrage de Thibaut Castan.

Le cri de la soie – 1995
Long-métrage d’Yvon Marciano.

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