Santé : «Ecocitoyenneté», tous concernés

Quelques aspects de la pollution: prendre conscience, éduquer et faire éduquer nos concitoyens à mieux respecter notre environnement, voilà une tâche qui incombe à tous. Car la pollution altère la santé par ses effets néfastes sur notre bien-être à court ou moyen terme selon le type de la pollution, la durée d’exposition et de la dose reçue et s’il y a ou non une maladie en cours.
Pour la pollution atmosphérique, les principaux agents polluants sont : le dioxyde de soufre qui provient des combustibles contenant du soufre comme le fuel et le charbon, le dioxyde d’azote provient également du charbon et du fuel mais surtout du pétrole consommé dans la circulation. Il faut savoir que 300 litres d’essence consommées produisent une tonne de CO2 dans l’atmosphère et 60 millions de voitures sont produites chaque année. Le parc automobile mondial est de 570 millions de véhicules participant en grande partie aux 22 milliards de tonnes de CO2 rejetées dans l’atmosphère à l’échelle planétaire.
L’ozone dont on parle tellement provient de la dégradation des oxydes d’azote et des hydrocarbures sous l’effet des rayons solaires par leurs faisceaux ultraviolets.
Ces trois produits toxiques fragilisent la fonction respiratoire et peuvent être à l’origine de crises d’asthme. Le monoxyde de carbone qui provient de la combustion charbon de bois, et des chaudières, est incolore, inodore et très toxique. Il provoque des vertiges, des vomissements et peut être rapidement mortel.
Ces produits sont responsable de la pollution atmosphérique qui est définie selon la loi sur l’air en France, comme étant « l’introduction par l’homme, directement ou indirectement, dans l’atmosphère et les espaces clos, de substances ayant des conséquences préjudiciables de nature à mettre en danger la santé humaine, à nuire aux ressources biologiques et aux écosystèmes, à influer sur les changements climatiques, à détériorer les biens matériels, à provoquer des nuisances olfactives excessives ».
L’indice ATMO calcule sur une échelle graduée de 1 à 10 la qualité de l’air dans une ville. Pour une valeur de 1 la qualité de l’air est excellente, une valeur voisine de 10 est dangereuse.
La notion de pollution sonore de son côté peut être provoquée par différentes causes qui peuvent être passagères mais en durant dans le temps vont avoir des conséquences néfastes sur la santé : irritabilité, insomnie, stress, dépression, pouvant conduire au suicide ou encore des problèmes d’audition allant jusqu’à la surdité passagère ou définitive. Les sources de nuisance sonore sont : mécaniques (machines dans les usines), circulation (véhicules, motos, camions), avions, travaux de chantiers provisoires ou durables, manifestations publiques, lieux publics (night, clubs et cabarets )voisinage à côté de bâtiments non isolés, alarmes sonores intempestives…
La pollution domestique ou intérieure ou « indoor pollution » des anglo-saxons obéit à une réglementation rigoureuse depuis plusieurs décennies aux USA est une autre forme de pollution qui touche le milieu où on travaille ou on vit. De nombreuses sources sont incriminées : le manque d’aération ou d’entretien des installations d’aération (un climatiseur mal entretenu peut causer des infections respiratoires graves tels que la légionellose) le tabagisme actif (ou passifs des personnes qui subissent l’indifférence d’ un fumeur).
Au Maroc, nous avons notre Laboratoire national des études et de la surveillance de la pollution et des nuisances qui a été inauguré en juin 1994. Il est doté d’un équipement scientifique et informatique performant. Ses champs d’application sont variés, entre autres : analyser la pollution, informer et sensibiliser le public, maîtriser ses rejets dans le respect des normes marocaines et internationales et prendre les décisions qui permettent de préserver le milieu naturel. Ses objectifs sont innombrables parmi eux : participer à des campagnes de sensibilisation et de formation; et répondre aux attentes du public à travers les requêtes adressées par les ONG et la population. Ce qui est fait à son niveau ne me paraît pas assez. C’est dire qu’il peut jouer un rôle encore plus actif avec une grande médiatisation tous azimuts à l’ère de l’INDH. Car un des aspects de notre développement humain est notre éducation et il n’y a qu’à remarquer comment se comporte le citoyen pollueur qui au volant de sa voiture prend la voie publique pour une poubelle en ne se gênant nullement d’y balancer tout ce qui l’encombre. Selon le principe pollueur/payeur, les frais résultant des mesures de prévention, de réduction de la pollution et de lutte contre celle-ci, doivent être supportés par le pollueur. Il est peut-être le moment venu d’instaurer des amendes qui peuvent dissuader plus d’un.

Dr H. Abdelfettah Tadlaoui

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