Sapho, le retour d’une diva belle et rebelle

Sapho, le retour d’une diva belle et rebelle

Installée à Paris, c’est au Maroc, son pays d’origine, que Sapho entamera l’an 2007. La célèbre chanteuse franco-marocaine entamera un cycle de concerts le 12 janvier prochain à la salle Bahnini, à Rabat, puis à Casablanca (13 janvier, salle Touria Sekkat) et couronnera une tournée très attendue par un concert à l’Institut français d’Agadir le 16 du même mois. «Un retour aux sources», déclare cette chanteuse fort ovationnée chaque fois qu’elle se produit dans son pays natal. Cette fois, elle  nous revient avec un spectacle flambant neuf en hommage à son poète fétiche : Léo Ferré. Un spectacle présenté récemment en France où elle a été favorablement accueillie. La presse de l’Hexagone n’a pas tari d’éloges sur ce récital reprenant les meilleurs textes de Ferré. La chanteuse, surnommée «L’hirondelle», reprendra en effet les grands classiques de Ferré, comme «Avec le Temps», sur des airs de flamenco. «Pour tisser des youyous au grand air de Léo le lion, c’est «Avec le Temps» que Sapho se paie le luxe, l’euphorie et le talent de chanter… en arabe ! Comme si Oum Keltoum s’était soudain pâmée dans les bras de Ferré, dans les nuages sang et or de la poésie insurgée», écrivait le magazine «Marianne». Même tonalité chez «Le Figaro». «Le Ferré de Sapho est fervent, exagéré, fantastique, excessif – il est elle-même », résumait le quotidien français. Le verbe tonitruant du vieil anar est porté par une voix d’airain que seuls les vrais rockeurs savent restituer. La diva belle et rebelle s’identifie à merveille avec un poète qui répétait, fidèle à sa fibre anarchiste, que «le désordre, c’est l’ordre moins le pouvoir».
En dédiant ce récital à Léo Ferré, Sapho n’a pas oublié le pays où elle vit le jour : le Maroc. Elle conclut son récital par une interprétation en arabe (dialecte marocain) de l’un des célèbres poèmes de Ferré : «Avec le Temps».
Née à Marrakech, d’une famille juive, Sapho passe son adolescence au Maroc jusqu’à l’âge de 16 ans. A 17 ans, détour par Lyon, puis la Suisse, avant de mettre le cap sur Paris où elle poursuit, parallèlement à ses études littéraires, des cours de théâtre. Mais voilà, ce ne fut là qu’une passion passagère. L’artiste enregistre un premier album certes mitigé, mais dont le mérite est d’avoir révélé une artiste à la personnalité particulière et forte. Puis, avec le deuxième album intitulé «Janis», Sapho retrouvera ses marques. Révoltée dans l’âme, elle sert un rock agressif. Témoins :  «Paris stupide», «Passage d’enfer», «Barbarie», etc. Au-delà de cette fibre, Sapho a réussi à cultiver une image de pacifiste. C’est ainsi qu’en plein déclenchement de la deuxième Intifada, à la suite de la visite controversée de Sharon sur l’Esplanade des Mosquées, elle décide de donner, à Ramallah, plusieurs récitals pour «Les enfants de la pierre». Sapho a toujours su défendre bravement les causes justes.

Sapho, une pacifiste notoire

Sapho aime le défi et le démontre. Forte de sa voix, mais aussi de sa plume (elle est femme-écrivain), Sapho a bravé en 1994 les check-points israéliens pour se rendre à Jérusalem pour participer au Festival culturel annuel de la Ville sainte. Plus encore, elle a pu imposer une chanson d’Oum Keltoum, en l’occurrence «Al Atlal». Chanter Oum Keltoum en Israël est loin d’être une évidence. «Pour moi, le fait de chanter El Atlal à Jérusalem est un acte politique qui me permet de dire mon désir de paix», affirme-t-elle. Elle a donc relevé le défi.
Palestiniens et Israéliens ont fini par danser du même pas sur les rythmes d’Oum Keltoum. Et ce n’est pas tout… En 1998, Sapho s’est produite à Gaza, en dépit de l’occupation et de la situation tendue qui régnaient entre Israéliens et Palestiniens. Le succès que son récital a rencontré auprès du public est incontesté.   

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