Siham Assif, une star qui monte

L’allure d’Esméralda, belle et sauvage, le tempérament de Carmen, insolente et fière, Siham Assif, tout feu, tout femme, est partout en ce moment. Elle remet le prix de l’interprétation féminine à la première édition du Festival International de Marrakech. «Un privilège, nous dit-elle, celui de la scène. Le trac est mon moteur». Elle passe sur ARTE dans le film de Benoit Grafin : «Le café de la plage» où elle interprète en femme fatale une chanson, «Isaal alaya», remixée par Philippe Miller, extrait de son album produit par Cyriac Auriol en France. Elle tourne avec Nour-Eddine Lakhmari son premier long-métrage, «Le retour» dans lequel elle campe le rôle féminin principal de la belle Aïda, une jeune femme rebelle aux charmes ensorceleurs qui danse la liberté. Elle enchaînera avec le film de Narjiss Nejjar: «Les yeux secs». Elle y incarne dans le premier rôle féminin une amazone, dans un village de femmes, à la fois dure et fragile. Une jeune femme de vingt-cinq ans aux potentialités multiples, comédienne, chanteuse et danseuse qui décline ses ambitions sur tous les tons. Siham a déjà fait partie de la distribution de trois productions internationales dont «The king Solomon», réalisé par Robert Young. L’audace est une de ses principales caractéristiques. «Je n’étais pas invitée au festival de Cannes, nous confie-t-elle, mais je voulais savoir ce qu’on ressent en montant les marches sur le tapis rouge. Je n’avais pas les moyens d’aller à Cannes. J’y suis allée grâce à Melihi qui m’a envoyée chez une de ses amies, Gigi, une Cannoise du Maroc. J’ai fini par monter les marches, une petite starlette marocaine (rires) qui rêve de revenir à Cannes avec un vrai rôle dans un film marocain.» Tout un programme ! Narjiss Nejjar avec qui elle travaillera prochainement nous la raconte à sa façon : «D’abord une voix, qui tonne sans mélodie pour m’apostropher. Je me tourne et c’est un visage emprunté à la beauté comme une arrogance, puis un geste de la main, tout simple, et je suis touchée. Que faire d’une icône qui balade ses charmes ronds, qui entrouvre les lèvres pour laisser éclater un son éraillé, et qui rit fort pour exhumer ses silences. Et c’est peut-être ainsi que l’on est frappé par les écorchures qu’elle trimballe, non pas comme une seconde peau, mais comme la millième peau derrière ses tricots échancrés. Et soudain, on la met en scène, on la dépouille de ses légèretés affichées et l’on fouille dans ses griffures au risque d’être griffé. On lui fait une proposition décente et elle s’accroche la Carmen, diva à ses heures et Marylin dans ses solitudes. Et l’on s’accroche à son tour pour conjurer un sort, celui d’une petite dame dans un petit cinéma qui deviendra grand et elle avec.»

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