Soubat : «Conjuguer modernité et identité»

Soubat : «Conjuguer modernité et identité»

ALM : Que pensez-vous du dernier Conseil supérieur de l’aménagement du territoire ?
Oidiâ Soubat : La tenue de la première cession du Conseil supérieur de l’aménagement du territoire, sous la présidence de Sa Majesté Mohammed VI, est une preuve concrète de la nouvelle dynamique que connaît notre pays en matière d’aménagement concerté. Notre pays connaît aujourd’hui des axes forts de développement. La nouvelle vitesse de croisière ainsi annoncée, nécessite un dispositif institutionnel capable d’assurer la cohésion entre les priorités d’impact national et les engagements tout aussi importants des conseils régionaux et des acteurs du développement local. L’Ordre des architectes, qui compte parmi les membres de ce conseil à travers son président du Conseil national, ne ménagera aucun effort pour mobiliser son potentiel participatif et de proposition.
Quel est l’état des lieux en matière d’urbanisme, notamment du côté des architectes ? Existe-t-il une charte ou un document à respecter ou qui force le respect d’une certaine déontologie ?
L’architecte de par sa vocation est porteur d’une lecture citoyenne de l’acte architectural et urbain. Qu’il exerce son métier dans le secteur privé ou public, il reste attentif au résultat final de la communauté en matière d’urbanisme. L’ensemble des documents et lois qui régissent l’espace urbain constitue un programme d’urbanisme. Les différents acteurs professionnels, dont les architectes font partie, sont concernés par la qualité de ce programme ainsi que par le rythme de sa réalisation. L’état des lieux se résume donc au bilan des différents programmes urbains engagés à savoir les schémas directeurs, les plans d’aménagement et les plans de développement. Il doit prendre en compte les données socio-économiques et statistiques de base de la programmation, la qualité des outils qui accompagnent la réalisation ainsi que les dispositifs financiers et budgétaires qui garantissent les délais d’exécution. Les architectes ne peuvent ainsi être responsables que sur le degré de valorisation de l’espace urbain et ce dans la marge de manoeuvre dont ils disposent. La nouvelle loi sur l’urbanisme, en cours d’élaboration, permettra une plus grande visibilité au sujet du partage des responsabilités et donc de l’application intransigeante du code de déontologie de la profession.
En quoi ces efforts et ces démêlements des architectes sont importants pour le développement du Maroc sachant que le premier défi des Marocains c’est la mondialisation ?
Les architectes à travers leurs différents niveaux d’apport à la société marocaine ont toujours participé de façon constructive. Une bonne partie de l’image portée par l’architecture marocaine et maghrébine est le fruit du talent d’architectes marocains reconnus par la communauté internationale. La reconnaissance de l’image identitaire forte est le premier pas vers une mondialisation à moindres effets normalisateurs. Aussi, les architectes n’ont jamais manqué de relever les défaillances ressenties dans les domaines proches de leur exercice architectural et urbanistique. Le nivellement des structures défaillantes est aussi l’une des étapes nécessaires de l’ouverture à l’investissement et donc à la mondialisation.
Comment concilier entre développement socio-économique et modernisation ?
Notre pays dispose d’une grande capacité de développement et d’une valeur ajoutée intrinsèque due à la particularité de la structure socio-économique qui le compose. Conjuguer les nouvelles capacités managériales avec les technologies de pointe permettra de dynamiser les potentialités citées précédemment. La considération de la ville comme une entreprise convient moins qu’une gestion collective des infrastructures urbaines impliquant un processus participatif de la population à des niveaux plus modestes. En dépit de la tendance corrective que connaissent plusieurs secteurs à l’échelle nationale, il n’en demeure pas moins que notre pays à travers ses différents programmes de développement compte aujourd’hui parmi les pays qui ont le mieux géré le rapprochement entre modernité et développement socio-économique.

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