Steve Mc Queen en quelle langue ?

L’artiste anglais Steve Mc Queen, homonyme noir du célèbre acteur blond, réalise sa première exposition personnelle à Paris à l’occasion de laquelle il présente quatre oeuvres récentes utilisant différentes techniques comme le plan rapproché, le cadrage et le montage d’images fixes en film.
L’exposition intitulée Speaking in Tongues («parler en langues») déploie le thème de la connaissance à travers différentes oeuvres cinématographiques. Elle a lieu dans quatre pièces composées d’un écran et de haut-parleurs au son puissant où l’artiste a veillé à laisser une vaste étendue d’obscurité et de vide.
Insonorisées, revêtues de sombre, ces quatre pièces semblent avoir pour fonction d’accroître la solitude du spectateur qui les visite.
Quatre oeuvre sont présentées. la première est Once Upon a Time, crée spécialement pour l’exposition. Conçue avec William J. Clancey, chercheur à la NASA, conseiller au laboratoire SETI (Search for Extra Terrestrial Intelligence), et William J. Samarin, linguiste et professeur émérite au département d’anthropologie de l’Université de Toronto, cette oeuvre utilise les images de la sonde Voyager, envoyée dans l’espace par la Nasa en 1977, pour faire découvrir à l’humanité d’éventuelles intelligences extraterrestres. Ces dernières se voulaient un résumé de l’état du savoir humain. À cette approche l’artiste oppose sa réflexion sur la glossolalie, état mystique où des hommes se mettent à parler une langue qui n’existe pas et au moyen de laquelle ils communiquent avec leurs êtres suprêmes. Par ailleurs, l’auteur propose aussi 7th November le récit d’un événement tragique survenu entre deux frères, un film sur Girls Tricky, le compositeur et musicien trip-hop Tricky, est filmé pendant un enregistrement lors d’un moment d’intense concentration. Et une vidéo intitulée Illuminer qui révèle le corps de l’artiste à partir de la lumière émise d’un poste de télévision.
Depuis le début des années 90, S. McQueen poursuit une démarche axée principalement sur la production de courts films, mettant en oeuvre des techniques variées comme le super 8, le 16 et le 35mm ainsi que la vidéo, et destinés à être présentés dans des installations mises en espace. Souvent en noir et blanc, ses premiers films font référence aux approches expérimentales liées au début de l’histoire du cinéma.
Steve McQueen est un jeune artiste de 34 ans très éclectique qui explore aussi depuis des années les arcanes de la vidéo. Dans une de ses interviews, il propose une comparaison avec «les derviches tourneurs (…). Il y a une absence de discipline apparente, mais en fait on contrôle tout parfaitement, il faut perdre le contrôle pour contrôler. On frôle le chaos, un chaos maîtrisé qui, peu à peu, acquiert sa propre vitesse».

• De Paris, Hicham Ouazzani

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