Sur la piste des trafiquants

Sur la piste des trafiquants

La contrebande du carburant n’a rien à voir avec la flambée des prix à la pompe. Elle est une donnée socio-économique propre aux zones frontalières. «Pour qu’il y ait contrebande, il faut une entente entre les riverains d’une frontière», relate Ahmed un convoyeur d’essence à mobylette. De son côté, Mustapha, vendeur détaillant, avance que ce commerce illicite n’a rien de déshonorant c’est un gagne-pain ni plus ni moins. Entre ces deux petits maillons du réseau de distribution d’autres «boss», pour qui le gain facile serait alléchant, amassent des fortunes et portent préjudice à l’économie du pays. Un dépôt de stockage en territoire algérien peut rapporter à son propriétaire  jusqu’à 100.000 dinars par jour. Le gain est estimé à 200 dinars par jerrican par rapport au prix à la pompe. Alors qu’une «Moukatilla» bien chargée profitera jusqu’à 2000 DH pour  son acquéreur, au gré de la conjoncture des prix. Avec ces deux «grossistes», il y a des «hallabas» en Algérie (ceux qui vident les réservoirs des voitures) ou trafiquants qui s’approvisionnent du marché parallèle avant de l’acheminer vers la frontière. Au Maroc, les transporteurs sur motos gagnent 20DH par bidon.
De leur côté, les détaillants de tous genres gagnent entre 15 et 25 DH par unité. Un jerrican d’essence sans plomb acheté à 110 DH à  la frontière est vendu à 160 ou 170 DH au consommateur. Les voitures de la contrebande, appelées communément, «Moukatilates» représentent un danger manifeste pour les citoyens. Sans aucun papier, usant de fausses plaques d’immatriculation, sans permis pour des chauffeurs qui sont souvent sous effet de substance psychoactives, ces voitures sèment la panique dans les quartiers qu’elles traversent. Dans leur cortège macabre, des dizaines d’âmes ont péri: écoliers, vieillards ou femmes. Une liste funeste qui vient s’alourdir par la mort d’un policier écrasé par une voiture qui roulait à toute allure et de  trois jeunes ouvriers qui venaient de quitter leur lieu de travail. «Il fallait surtout mettre ces «Moukatilates» hors d’état de nuire», renchérit Mohammed Baroudi, parent d’une victime de ces voitures. C’est ce qu’ont entamé les services concernés. Une coordination parfaite de la police, la Gendarmerie royale, la Douane et les Forces auxiliaires pour lutter contre un phénomène qui s’amplifie au fil du temps.
Le grand travail se situe dans les alentours des villes par le SRPJ  qui ont bouclé toutes les issues introduisant aux villes. De 300 DH le jerrican, on est passé à 600 DH pour l’essence et de 230 DH à 460 DH pour le mazout. En plus de la confiscation du carburant et le moyen de transport. Au niveau de la ville d’Oujda, le SRPJ a procédé par étapes et par spécification des impacts économiques, sociaux, sécuritaires  ainsi que des retombées en criminalité. Il fallait aussi opérer par plan d’action concerté tout en renforçant le dispositif opérationnel en moyens humains et logistiques adéquats pour assurer à la campagne ; lancée au cours de ce mois; l’efficacité convoitée. Voitures blindées, hommes qualifiés, assauts perpétrés avec la sensibilisation des citoyens ont donné de bons résultats, a indiqué à ALM Abdelaziz Mokhfi patron de la police judiciaire d’Oujda. Les quantités de carburant saisies par les services de police étaient de l’ordre de 25 T 410 litres, en 2007. Jusqu’ à fin d’octobre 2008, elles sont passées à 75 T 745 litres. De son côté, le nombre de véhicules saisis qui n’a dépassé guère les 16 voitures en 2007 au niveau du centre urbain d’Oujda, a triplé durant les dix premiers mois de cette année. Le nombre des personnes impliquées est passé de 26 en 2007 à 80 pour l’année en cours, alors que celui  des affaires enregistrées est de l’ordre de 222 contre 56 pour la précédente année. De leurs côté, les gendarmes ont saisi 732 moyens de transport en 2007 contre 690 jusqu’au 31 octobre 2008. La contenance est passée de 293 tonnes  en 2007 à 305 tonnes pour les dix premiers mois de 2008. La valeur générée est passée à 34MDH contre 33 MDH en 2007, selon les responsables de la gendarmerie.  Quant aux statistiques relevées auprès de la douane, elles avancent le chiffre de 1600 voitures saisies en 2006 et de 1700 en 2007.

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