septembre 23, 2017

Tanger à l’heure de la rentrée littéraire

Tanger à l’heure de la rentrée littéraire

Considérée comme ville mythique ayant inspiré de grands écrivains marocains et étrangers, Tanger connaît chaque année une certaine dynamique culturelle à l’occasion de la rentrée littéraire. Et à l’instar des grandes villes telles que Rabat et Casablanca, la ville du détroit sera au rendez-vous vers la mi-octobre prochain avec cet événement culturel de grande importance. «La rentrée littéraire est retardée chaque année à cause de la rentrée scolaire, fixée généralement à la mi-septembre. Les librairies à Tanger se transforment ainsi et jusqu’à la mi-octobre prochain en un lieu de vente de manuels et de fournitures scolaires», indique le propriétaire d’une librairie à Tanger et qui travaille depuis plus d’une quarantaine d’années dans le secteur du livre. Certes, la ville du détroit ne connaît pas, à cette occasion, une grande effervescence culturelle, et ce comparativement avec Rabat et Casablanca. Le petit nombre de maisons d’édition que compte Tanger ne peut concurrencer celles basées dans les deux grandes villes susmentionnées. Malgré cela, la rentrée littéraire à Tanger reste très attendue particulièrement par les éditeurs, les propriétaires de librairies et le lectorat tangérois. «La rentrée littéraire à Tanger s’annonce, cette année, très calme. Concernant les maisons d’édition, le mois de septembre est marqué généralement par les travaux d’impression de manuels scolaires. L’édition des livres reprend tout juste après pour atteindre son rythme le plus élevé à l’approche du Salon international du livre organisé chaque année à Tanger», explique Nabil Ifzarne, éditeur et imprimeur à Tanger. Il est à souligner que chaque rentrée littéraire apporte ses nouveautés. Les lecteurs tangérois ont ainsi l’habitude de découvrir, à cette occasion, de nouveaux écrivains locaux ou de nouveaux ouvrages littéraires traitant de thèmes relatifs à la ville mythique. D’ailleurs, l’écrivain Mokhtar Chaoui, qui vit et travaille comme enseignant universitaire à Tanger, a été connu par le public grâce à son premier roman «Permettez-moi madame de vous répudier», édité conjointement par Eddif Paris et Non Lieu et paru lors de la rentrée littéraire 2007. Cet auteur qui vient de publier «A mes amours tordues»- publié aux éditions Afrique-Orient- estime que son deuxième roman sera parmi les nouvelles œuvres littéraires exposées dans les rayons des librairies lors de la rentrée littéraire 2010. Il considère que la majorité des romans parus au Maroc sont édités par les quatre grandes maisons d’édition basées respectivement à Tanger et Casablanca. Et le peu (petit nombre) d’ouvrages publiés à Tanger sont réalisés en deux phases. «La première sortie d’ouvrages à Tanger est fixée après la rentrée scolaire. Alors que la deuxième sortie de livres qui se déroule durant les deux mois de janvier et février s’inscrit dans le cadre des préparatifs pour le Salon international de Tanger», précise Mokhtar Chaoui. Parmi les écrivains tangérois dont la majorité de leurs œuvres traitent des thèmes relatifs à Tanger figure Ahmed Beroho. Considéré comme auteur prolifique, celui-ci, qui écrit en moyenne un livre par an, voit toujours ses derniers ouvrages sur les rayons des librairies à Tanger et le reste du Royaume. «Je suis en train de préparer trois nouveaux textes, à savoir «La Grande histoire de Tanger» (en français), «Le Quatrième pouvoir et l’abus de pouvoir» (en français) et «Pour la liberté» (en arabe). La sortie de ces trois écrits, publiés sous les éditions Corail, aura lieu incessamment», révèle Ahmed Beroho. Selon les historiens de Tanger, plusieurs éléments ont contribué à faire de la rentrée littéraire un grand événement culturel à Tanger. Il s’agit, entre autres, du séjour d’écrivains de renommée internationale dans la perle du Nord, dont Paul Bowles, Jean Genet, William Burroughs, Samuel Beckett ou encore de célèbres écrivains marocains et tangérois tels que Mohamed Choukri et Tahar Ben Jelloun. Les librairies de Tanger contribuent chaque année à la préparation de la rentrée littéraire comme il se doit. D’ailleurs, la librairie des Colonnes de Tanger, fondée en 1949 et actuellement en cours de rénovation, a réussi à se faire une réputation dans la vente des best-sellers dans les quatre langues : arabe, français, espagnol et anglais. N’ayant eu rien à envier aux grandes librairies telles que «Carrefour des livres» à Casablanca ou «Kalila wa Dimna» à Rabat, elle a pu organiser un nombre important de présentations et de signatures des livres de célèbres écrivains marocains et étrangers. En attendant son ouverture prévue prochainement, certaines associations culturelles et des librairies à Tanger essayent de perpétuer cette tradition des signatures. Elles ont ainsi organisé des rencontres avec un nombre important d’écrivains et romanciers dont Mahi Binebine et Fouad Laroui. «La rentrée littéraire dure peu de temps sans pouvoir laisser de trace. C’est pourquoi Tanger connaît, durant l’année, l’organisation d’un nombre important de rendez-vous littéraires pour susciter un grand intérêt parmi le public», souligne Abdelkrim Wakrim, critique de cinéma et secrétaire de rédaction du magazine littéraire «Aladabia».

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