Tarek Maaroufi : «Oussmane a ouvert la voie aux formations musicales amazighes»

Tarek Maaroufi : «Oussmane a ouvert la voie aux
formations musicales amazighes»

ALM : Pouvez-vous nous présenter le groupe Oussmane, pour ceux qui ne le connaissent pas ?
Tarek Maaroufi : Oussmane est l’une des premières formations musicales qui a chanté en amazigh au Maroc, introduisant des instruments modernes et des arrangements académiques, et ce depuis le début des années 70.
En 4 ans, le groupe a pu se positionner sur la scène culturelle de l’époque.
Oussmane peut être considéré comme le précurseur qui a pu ouvrir la voie aux autres formations musicales chantant en amazigh. Beaucoup d’interdits étaient défoncés rien que par la façon et le style de musique abordés par ces jeunes. C’est grâce à Oussmane que la scène du théâtre Mohammed V a pu s’ouvrir pour la première fois à une formation amazighe. D’autres scènes et espaces ont pu suivre, notamment la radio et télévision nationale qui n’avaient jamais diffusé auparavant les chansons amazighes. Je citerai aussi notre tournée en Europe en compagnie de Nass El Ghiwane et les frères Migri en 1977. Une tournée qui a été marquée par deux passages à l’Olympia de Paris.

Comment se fait-il que vous êtes membre fondateur du groupe et vous ne parliez pas un mot d’amazigh ?
L’idée est venue de chanter en amazigh pour nous distinguer des groupes qui existaient à l’époque. Ceci après avoir rencontré Said Boutroufin puis Amari Mbarek avant que les autres membres se joignent à nous. Ainsi, je vivais l’idée selon laquelle l’amazigh appartient à tous les Marocains et ne concerne pas exclusivement une région, une caste, une ethnie ou un parti. C’est une composante qui fait partie intégrante de l’identité de tous les Marocains.

Quel est le rôle de l’association Amrec dans l’éveil de la conscience du groupe?
Avant la révélation du groupe en 1975, j’ai rencontré Brahim Akhiyar, président de l’Amrec, l’Association marocaine de recherche et d’échange culturel. Son nom n’indiquait pas son champ d’action, la censure existait. l’Amrec est l’une des premières associations amazighes fondée à Rabat en septembre 1967. Aujourd’hui on compte 650 associations amazighes. Ainsi les membres de cette association nous encadraient, nous donnaient des textes, nous initiaient au répertoire amazigh. M. Akhiyar m’a convaincu par son approche modérée qui puisait dans le savoir et non pas dans le dogme. C’est alors que nous avions eu conscience du fait que nous avions un message à délivrer à travers notre musique.

Quels sont vos projets ?
Après l’édition de l’ouvrage qui concerne le groupe Oussmane par l’IRCAM, j’ai terminé l’élaboration d’un deuxième ouvrage autour du dialecte marocain et sa relation avec la langue amazighe. Le troisième ouvrage traitera de la codification et la notation des rythmes amazighs marocains, et ce pour sauvegarder ce patrimoine et rendre ces rythmes lisibles aux musiciens de toutes les cultures.

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