Tayeb Saddiki : «Je n’aime pas les hommages»


ALM : Que constitue pour vous l’hommage que vous rendent les organisateurs du Festival «Bedawa Théâtre»?
Tayeb Saddiki : Moi, en général, je n’aime pas les hommages. Parce que, ce qu’on dit quand on vous rend hommage, c’est ce qu’ils diront quand vous serez mort. Je n’aime pas beaucoup cela, mais je le fais par amitié pour un grand homme de théâtre qui a beaucoup servi le théâtre marocain et qui s’appelle Ahmed Saâri. Cet homme a beaucoup donné au théâtre. Il a travaillé avec moi quand j’étais directeur du théâtre municipal. Et il continue à rendre un grand service au Théâtre dans le cadre du Syndicat marocain des professionnels du théâtre (organisateur de «Bedawa Théâtre»).

Comment évaluez-vous le théâtre au Maroc ?
Moi, je m’interdis de juger les autres. Je ne suis pas là pour critiquer, je suis là surtout pour aider. Et si Dieu m’a prêté vie et m’a toujours aidé, je ne demande pas mieux que d’aider les jeunes. C’est pour cela que j’ai construit le Complexe Mogador. J’aurai été milliardaire, mais ce n’est pas ce que je veux. Ce que je veux, c’est laisser quelque chose aux Marocains. C’est ça qui est important pour moi. Et puis le théâtre marocain est un théâtre très ouvert, très éclectique et très international. Outre son caractère national, c’est également un théâtre maghrébin, j’y tiens à cœur, parce que je crois beaucoup au Maghreb : aussi pouvant être en langue française ou espagnole…, c’est un théâtre ouvert à l’Occident. Le théâtre marocain est un théâtre ouvert, et où l’expression est très diversifiée. Quand on parle du théâtre, les gens pensent comédie, mais il y a aussi le ballet, la musique…

Quelle est la particularité du Théâtre Mogador dont les gros oeuvres sont finalisés à hauteur de 70%?
En vérité, ce sont trois théâtres que je suis en train de construire. Ainsi, au sein du Complexe Mogador, il y a une salle de théâtre de cinq cents places, un théâtre pour enfants de deux cents places, et un café-théâtre. En outre, le complexe comprend une école de théâtre et de danse et une école des métiers du théâtre (costume, décoration, éclairage…). Et pour la première fois en Afrique et au monde arabe, il y aura un musée du théâtre. C’est une chose extrêmement importante. Parce que, Dieu merci, depuis le temps que j’exerce ce métier, j’ai pu réunir des décors, des costumes, des accessoires. Pour ne parler que des costumes, j’ai un peu plus de 3.000 costumes différents.

Outre le théâtre, vous êtes également un artiste- peintre.
J’ai fait les arts plastiques, bien avant que je fasse le théâtre. J’ai toujours été fasciné par la calligraphie arabe. Et c’est grâce aux arts plastiques que je vis, ce n’est pas le théâtre qui me fait vivre. Je monte des pièces de théâtre grâce à la vente de mes tableaux. Et oui! Aussi bizarre que cela puisse sembler !

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