Terrorisme : immuniser notre jeunesse

La vague du terrorisme ne veut épargner aucun pays et le nôtre a déjà payé un lourd tribut à cette violence le 16 mai 2003. Rien ne saurait ni justifier, ni encore moins excuser cette violence aveugle. Or, il nous faut malheureusement reconnaître que, malgré les efforts, notre jeunesse n’en est pas immunisée et que les paroles de haine et d’embrigadement continuent à trouver le chemin de certains esprits. S’il est clair que les solutions à ce fléau ne sont pas majoritairement entre nos mains, cela ne nous empêche pas de réfléchir aux moyens d’assécher le terreau sur lequel prospèrent ces graines de violence. Pour cela, il nous faut créer un cordon sanitaire autour de nos jeunes, qui passe par l’éducation, le civisme, la formation, l’accès aux loisirs, la conscientisation…L’une des clés est l’encadrement associatif : chaque quartier doit pouvoir compter sur son (ses) association(s) de jeunes, agissant au quotidien, concrètement, au plus près des attentes et des espoirs de la jeunesse.
Pour cela, il faut des moyens !
Ce cordon sanitaire passe aussi par le respect, la dignité dont nos jeunes sont demandeurs : comprendre, dialoguer, responsabiliser, offrir des perspectives… représentent quelque -uns des remèdes à l’embrigadement terroriste.
Pour cela, il faut la mobilisation de tous !
Permettre à chaque jeune de trouver sa place dans la société passe aussi par l’accès à un emploi : inventons donc de nouvelles «pistes», dans le travail social, l’encadrement, l’animation, la médiation…
Pour cela, il faut de l’inventivité !
C’est tout un comportement, une attitude vis-à-vis de la jeunesse qu’il nous faut modifier, car avouons qu’aujourd’hui, les «15-25 ans» n’en peuvent plus du mépris, de la condescendance, du paternalisme, de l’indifférence ou encore des volontés de manipulation ou de récupération… avec lesquels ils sont le plus souvent traités.
Cessons également de décider de ce qu’ils sont censés aimer, à leur place, ou de ce qui est bon pour eux. Par exemple, ne serait-il pas judicieux de revoir notre «politique des festivals», afin de mieux les répartir dans la durée, réduire les coûts ( ce qui permettrait d’investir réellement dans une politique culturelle et artistique dans les quartiers) et mieux y associer nos jeunes artistes ?
Est-il également logique – et cela malgré tous les efforts du ministre de la Jeunesse, Mohamed El Gahs- de voir des Maisons de jeunes n’ouvrir que de 18h à 20h et fermer les dimanches ?
Est-on sûr qu’un outil tel que l’OFPPT offre une réponse adéquate en terme de formation, aux besoins de nos jeunes ?
Se rend-on suffisamment compte de la frustration des milliers de jeunes qui ne peuvent accéder à la pratique d’un sport, d’un loisir ?
Mesure-t-on assez le sentiment d’humiliation ressenti par ces mêmes jeunes lorsqu’ils sont «reçus» dans une administration ?
Bien sûr que tout cela n’explique pas, à lui seul, les dérives terroristes, mais est-ce que cela ne donne pas un éclairage sur l’environnement favorisant l’embrigadement, la délinquance ou l’immigration clandestine?
La misère morale intellectuelle représente un terreau sûrement aussi néfaste que la pauvreté matérielle, or, nous ne sommes pas totalement démunis face à elle, nous avons des moyens d’agir et nous serions suicidaires de ne pas les mettre en œuvre. Faisons donc, individuellement et collectivement, notre examen de conscience et, chacun dans son rôle, sommes-nous convaincus de faire ce qui convient en direction de nos jeunes ?
Les générations montantes seront les dernières à nous pardonner notre manque de discernement, alors ne laissons pas nos jeunes aux mains et aux paroles des obscurantistes de tout poil. œuvrer avec, par et pour la jeunesse est à la fois considérablement difficile et, somme toute, facile mais pour paraphraser un diction visionnaire, je terminerais en disant : «Si vous trouvez que l’éducation coûte trop cher, faites le choix de l’ignorance». Ce qu’à Dieu ne plaise!

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