«The Queen» : La vision de Stephen Frears

«The Queen» : La vision de Stephen Frears

Dans «The Queen», Stephen Frears montre un autre visage de la Reine d’Angleterre Elizabeth II. Ce film sorti en 2006 a été consacré lors de la dernière cérémonie des Oscars le 25 février dernier à Hollywood. L’actrice principale, Hellen Mirren s’est vue décerné le prix de la meilleure interprétation féminine dans son rôle de la Reine. Et pour cause, les membres du jury  ont tous été unanimes à déclarer que cette comédienne anglaise a interprété le personnage avec brio. Dans une allure sobre, maquillée et habillée à sa manière, Hellen Mirren a réussi a entrer dans la peau d’Elizabeth II. Pour s’éloigner des stéréotypes et réaliser un portrait différent de la Reine, Stephen Frears a joué la carte de l’originalité. Celle que tout le monde avait accusé d’avoir commandité l’assassinat de la Princesse Diana et de son compagnon Doddy Al Fayed a été valorisée par le cinéaste. Tout au long du film, elle sera révélée sous un nouveau jour. L’opinion publique la percevait comme étant froide et sans pitié, Stephen Frears veut montrer qu’elle possède un cœur et des sentiments. En gros, il la voulait compréhensive. Pour appuyer sa thèse, et faire adhérer le spectateur à sa conception du Règne d’Elizabeth II avant et après la mort de Diana, il construit son film à partir de deux directions: l’attaque et la défense. La couleur est annoncée dès le départ avec l’élection du Premier ministre Travailliste Tony Blair. C’était en mai 1997, c’est-à-dire quatre mois avant le décès de la Princesse Diana que tout le monde appelait la Princesse des cœurs. Interprété par Michael Sheen, le personnage de Tony Blair était du côté de la Reine. Lorsqu’il la rencontre le premier jour de son investiture, il appréhende l’attitude de celle qui dirige le pays. Il s’apprêtait à la connaître de plus près. Ses proches et les gens qui travaillent à ses côtés n’éprouvent aucune sympathie pour Elizabeth II. Tony Blair lui prendra sa défense. Vers la fin du film, on le verra déclarer à sa femme que la Reine surmonte une période difficile et qu’il fallait la soutenir au lieu de la haïr. Lorsqu’elle apprend en famille, dans son Palais de Buckingam, la mort de la Princesse Diana, la Reine est triste. Son visage devient sombre. Alors que son mari le Prince Philipp (James Cromwell) se réjouit pour sa mort et montre sa haine envers celle qui était considérée comme ayant fait souffrir leur fils le Prince Charles, la Reine a peur pour ses petits fils.  La famille se rend à Balmoral, loin de Buckingam. Elle fera part à son Premier ministre de son souhait d’organiser des funérailles privées. Elle ne fera aucune déclaration publique. Tony Blair s’en chargera. Son attitude ne fera qu’augmenter davantage la colère de la population et des milliers de citoyens venus de tous les coins du monde pour se joindre au deuil de la Princesse.
«The Queen» raconte donc comment ce qui aurait pu n’être qu’un simple fait divers est devenu un phénomène médiatique mondial. Alors qu’il baignait dans la stabilité, le pays a failli sombrer dans une véritable crise. Une crise qui allait même jusqu’à menacer la couronne royale. Stephen Frears a relevé un défi dans «The Queen». Il a réussi à montrer la Reine beaucoup plus forte que l’image ancrée dans l’imaginaire collectif.

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